Mondial-2026: Mike Maignan, Monsieur 50% / Photo: Jewel SAMAD - AFP
En repoussant la tentative du Norvégien Jörgen Strand Larsen lors du dernier match de groupe du Mondial-2026 des Bleus vendredi à Foxborough près de Boston, le gardien français Mike Maignan a porté sa statistique à quatre arrêts sur huit pénaltys frappés contre lui en 43 sélections en équipe de France. Monsieur 50%.
"Il change le match avec ce pénalty", a pensé le défenseur central Maxence Lacroix après la victoire française 4-1, permettant aux Bleus d'obtenir la première place du groupe I, s'assurant ainsi un 16e de finale sur la Côte Est américaine, non loin de leur camp de base, qu'ils disputeront mardi contre la Suède.
"Ça peut faire 3-2 à ce moment-là et on ne sait pas comment ça peut tourner", a appuyé Guy Stéphan, le sélectionneur d'un jour en l'absence de Didier Deschamps, reparti en France pour assister aux obsèques de sa mère.
En tout début de seconde période, alors que la France menait 3-1 grâce à un triplé d'Ousmane Dembélé, mais face à une Norvège totalement remaniée, les remplaçants scandinaves se sont rebiffés et les dribbles de l'ailier de Fulham, Oscar Bobb, ont donné le tournis à Théo Hernandez, poussant le latéral à commettre une faute dans sa surface (48e).
- "Magic Mike" -
Jörgen Strand Larsen, le remplaçant d'Erling Haaland laissé au repos, s'est élancé, mais sa frappe trop légèrement excentrée côté droit n'a pas trompé la vigilance de Maignan, parti au bon endroit. Comme souvent.
En équipe de France donc, "Magic Mike", son surnom, a repoussé 50% des pénaltys tentés contre lui. Si l'on englobe ses matches en club, la statistique passe à 16 arrêts en 70 tentatives, hors séances de tirs au but.
Avec les Bleus, le Guyanais a déjà arrêté autant de pénaltys que Hugo Lloris, son prédécesseur, 4 pénaltys arrêtés sur 27 tentatives en 145 sélections.
Mais le portier de l'AC Milan ne se contente pas d'être bon sur cet exercice si spécifique. Plus tard en seconde période, Maignan a également repoussé une frappe à bout portant du remuant Oscar Bobb (72e), dissipant ainsi les doutes qui avaient surgi après sa prestation en demi-teinte face au Sénégal en ouverture du Mondial.
- Un roc -
Homme discret en dehors du terrain, l'ancien Lillois, 30 ans, a balayé les critiques d'une manchette: "Ça fait partie du football. Je reste concentré sur mon travail. Le plus important, c'est la réponse sur le terrain et la qualification de l'équipe", a-t-il pensé après la rencontre au micro du diffuseur BeIn Sports. "On a rempli notre mission. Un moment décisif pour l'équipe. J'étais confiant, et mes coéquipiers avaient confiance en moi aussi. Je suis heureux de ce que j'ai pu apporter à l'équipe", a-t-il complété.
L'apport de Maignan ne se limite d'ailleurs pas qu'au terrain. Leader du groupe, le portier n'hésite pas à dire ce qu'il pense, quitte à lever la voix lorsque cela est nécessaire, comme après une défaite face à l'Italie en Ligue des Nations 3-1 en 2024 où il avait fustigé vertement le manque d'agressivité de ses coéquipiers sans qu'aucun n'ose le contredire. 1,91 m pour 91kg ne dissuade pas que les tireurs de pénaltys.
Comme lors des deux premiers matches face au Sénégal et à l'Irak, tout n'a toutefois pas été parfait face à la Norvège, ses relances au pied manquant parfois de précision, mais dans une défense française qui cherche encore sa bonne carburation, Maignan est un roc sur lequel ses coéquipiers peuvent s'appuyer.
"Je suis très content pour lui, c'est un grand bosseur, un exemple pour nous. (...) C'est agréable d'avoir un gardien comme ça derrière soi", a expliqué Lacroix, titularisé aux côtés de Dayot Upamecano en défense centrale face aux Norvégiens.
Plus encore alors que s'ouvre la phase des matches à élimination directe.
U.Laurent--LCdB