Une école du Népal pleure son héros, l'alpiniste Nirmal Purja / Photo: Prakash MATHEMA - AFP
L'émotion était palpable dimanche dans la modeste école du Népal où est allé l'alpiniste britanno-népalais Nirmal Purja, mort jeudi à 43 ans aux côtés de neuf autres personnes après une avalanche dans le nord du Pakistan.
A la Small Heaven School, dans le district de Chitwan, amis, enseignants et élèves se sont rassemblés autour d'une photo du héros local, ornée de fleurs.
En allumant des bougies, ils ont partagé avec l'AFP leurs souvenirs du garçon qu'ils connaissaient bien avant qu'il ne devienne l'une des figures les plus célébrées de l'alpinisme moderne.
"Ce n'était pas seulement moi et mes amis. Je pense que des gens dans le monde entier qui le connaissaient (...) ont prié pour lui. Mais c'était son destin, personne ne peut y échapper".
Nirmal Purja a été tué avec neuf autres alpinistes après avoir été pris dans une avalanche meurtrière sur le Broad Peak - le 12e sommet du monde, 8.047 m -, au Pakistan, jeudi.
Le Club alpin du pays a annoncé dimanche que son corps avait été retrouvé à environ 5.700 m d'altitude sur cette "montagne qu'il adorait et qui nous l'a pris".
Le drame a suscité une très vive émotion dans le monde de l'alpinisme.
Il était arrivé à l'internat de la Small Heaven School, dans les plaines du sud du Népal, lorsqu'il était encore jeune garçon. Il y est resté huit ans, avant de rejoindre la Brigade des Gurkhas de l'armée britannique une voie qui l'a conduit au sein d'unités d'élite puis au sommet de l'alpinisme.
Dimanche, les élèves ont défilé devant son portrait, déposant des fleurs et offrant des prières, tandis que les enseignants décrivaient élève courageux et discipliné.
- "Courir partout sans chaussures" -
"Alors qu'il était encore en troisième année, il était sans peur et déterminé", a raconté à l'AFP Shailendra Baral, qui encadrait Purja à l'internat.
"Il était honnête et obéissant, ce qui nous rendait heureux. Nous trouvions du courage en lui, même lorsqu'il était enfant".
En 2019, Nirmal Purja avait stupéfié le monde de l'alpinisme en gravissant les 14 plus hauts sommets du globe - de plus de 8.000 m - en un peu plus de six mois, pulvérisant le précédent record de sept ans.
Son exploit a ensuite été raconté dans un documentaire sur Netflix, contribuant à inspirer une nouvelle génération d'alpiniste et à redorer le blason du Népal dans un sport longtemps dominé par les aventuriers occidentaux.
En 2021, il faisait partie de la première équipe entièrement népalaise à réussir l'ascension hivernale du K2, la deuxième sommet du monde après l'Everest (8.611 m).
Nirmal Purja, souvent surnommé Nims Dai, a été accueilli en héros lorsqu'il est revenu à Chitwan l'année suivante pour la projection de son documentaire.
"J'ai grandi ici, à courir partout sans chaussures", avait-il déclaré à l'époque dans un message sur les réseaux sociaux. "C'est ma ville et je voulais donc que tout le monde ici voie le film et qu'il inspire la jeune génération".
Pour beaucoup des élèves rassemblés dimanche, les exploits de Nirmal Purja faisaient déjà partie de l'histoire de l'école.
"Cela fait vraiment mal d'entendre cette nouvelle car nous avons toujours entendu de bonnes choses à son sujet", a dit à l'AFP Sarbagya Paudel, l'un d'entre eux.
"Sa bravoure a servi d'exemple à notre école. Non seulement il a rendu notre école fière, mais il a aussi rendu le Népal fier. C'est déchirant de savoir qu'il n'est plus parmi nous".
E.Celis--LCdB