Après le séisme en Colombie, la recherche des effets personnels pour se souvenir des morts / Photo: Raul ARBOLEDA - AFP
Entre "joie, tristesse et nostalgie", Marlene Niño, 70 ans, dépoussière une photo de famille extraite par des bénévoles des décombres d'un immeuble détruit lors du séisme du 10 août en Colombie. Le cliché ne ramènera pas sa soeur décédée là, mais nourrira sa mémoire.
"Il nous reste les souvenirs (...) ils ont une immense valeur sentimentale", veut se consoler Marlene Niño. Le vieux cliché aux couleurs passées par le soleil et serti d'un cadre en bois usé qu'elle montre à l'AFP immortalise un moment en famille, où elle et sa soeur posent, toutes jeunes. D'autres photos, prises il y a plusieurs décennies, ont également pu être sauvées des ruines.
Les tenir dans entre ses mains, grâce aux volontaires qui les ont retrouvées, lui procure un mélange de "joie, de tristesse et de nostalgie", explique-t-elle.
Sa soeur, Doris Niño, 72 ans, s'apprêtait à se rendre chez le dentiste lorsque son immeuble de Cali, la troisième ville de Colombie, s'est effondré lundi 10 août au matin, dans le séisme de magnitude 7,4, le plus meurtrier du siècle dans le pays avec près de 300 morts.
"Nous avons pu retrouver son corps, mais certaines personnes n'ont pas eu cette chance", souffle Marlene Niño.
Plus d'une centaines de personnes sont encore portées disparues, et les opérations de sauvetage ont été arrêtées dans de nombreux bâtiments, les chances de retrouver des survivants étant désormais infimes.
Alors les gestionnaires de Torres del Limonar, nom de l'ensemble d'immeubles résidentiels où Doris Niño a perdu la vie, supervisent l'opération de récupération des effets personnels des victimes pour les restituer aux familles et leur apporter un peu de soulagement.
Valises et autres objets en tous genres extraits des gravats s'empilent, attendant d'être inspectés par les résidents et leurs proches.
Car les objets aident les personnes endeuillées "à se souvenir", confirme Manuela Barrios, psychologue bénévole mobilisée sur place.
"Ils trouvent quelque chose, et leur visage, leur expression, change", relève la spécialiste de 38 ans, mobilisée sans relâche depuis le drame.
Q.Martens--LCdB