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"Vous étiez Marseille dans toute sa complexité". Des centaines de Marseillais et de personnalités ont rendu hommage jeudi à l'ancien maire et figure de la droite française, lors d'obsèques à la cathédrale de la Major.
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La messe dans l'église face à la mer a rassemblé 1.500 personnes durant plus de deux heures, dont l'épouse du chef de l'Etat, Brigitte Macron, l'ex-président de la République Nicolas Sarkozy et le prince Albert II de Monaco. Le gouvernement était représenté par le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, et la Marseillaise Sabrina Agresti-Roubache, secrétaire d'Etat chargée de la Ville.
Lors de la cérémonie, les intervenants ont dressé le portrait d'un homme aux origines modestes, un "redoutable débatteur" qui fut l'un "des derniers grands dinosaures de la vie politique".
"Vous étiez Marseille dans toute sa complexité, dans ses envolées (...) dans ses travers parfois, ses fulgurances toujours", a décrit son successeur et opposant politique Benoît Payan (divers gauche).
Le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, qui présidait la cérémonie, a affirmé: "comme chacun d'entre nous, vous n'étiez pas un saint".
"Malgré vos défauts et vos manquements, vous avez vraiment aimé les habitants de notre ville" et "vous avez voulu les servir du mieux que vous pouviez", a-t-il poursuivi louant ce fils d'un maçon et d'une ouvrière qui a gravi les échelons "grâce à son travail, pas à ses relations".
Le cortège était parti en début d'après-midi du quartier natal de M. Gaudin, Mazargues, dans le sud de Marseille.
- Timides applaudissements -
Le corbillard, rempli de gerbes de fleurs, et encadré par huit autres voitures, s'était arrêté quelques instants devant la place de l'église de Mazargues alors que les cloches sonnaient le glas, avant de repartir sous les applaudissements.
Il a ensuite fait un bref arrêt devant l'hôtel de ville où Jean-Claude Gaudin a régné de 1995 à 2020. Puis le cortège avait rejoint la cathédrale où étaient aussi présents le maire de Nice Christian Estrosi (Horizons), Jean-Pierre Papin, Ballon d'or 1991, le président du Sénat, Gérard Larcher, ou encore le président de l'OM, Pablo Longoria et le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier.
Jean-Claude Gaudin "restera le maire historique de Marseille" et "aura marqué notre famille politique", a expliqué à l'AFP Eric Ciotti, président des Républicains, à l'issue de la cérémonie.
Sur le parvis de l'église, pas de foule, mais 300 personnes qui ont applaudi timidement lorsque le cercueil est sorti, a constaté un journaliste de l'AFP.
Né le 8 octobre 1939, Jean-Claude Gaudin était devenu professeur d'histoire-géographie dans un collège privé, puis a aussi été sénateur et ministre, mais surtout maire de Marseille.
Ses opposants lui ont reproché d'avoir abandonné les quartiers déshérités du nord de Marseille et laissé se délabrer une partie des écoles, qui bénéficient aujourd'hui d'un plan historique de rénovation.
La mairie avait été accusée d'avoir ignoré les alertes. L'onde de choc avait révélé l'ampleur du logement indigne dans une ville où 40.000 personnes vivent dans des taudis.
Moins de deux ans après l'effondrement de la rue d'Aubagne, alors que ses héritiers potentiels à droite étaient divisés, certains ayant rejoint Emmanuel Macron, une coalition gauche-écologistes-société civile avait remporté la mairie après des municipales à rebondissements.