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Les enquêteurs vont tenter samedi de comprendre les raisons du crash spectaculaire d'un avion qui a provoqué la veille la mort de ses 61 occupants, près de Sao Paulo, dans le sud-est du pays.
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Une enquête a été ouverte par le Centre d'investigation et de prévention des accidents aéronautiques du Brésil (Cenipa) pour déterminer les causes de cette impressionnante chute en piqué sur une zone résidentielle.
L'avion, du constructeur franco-italien ATR, transportait "57 passagers et quatre membres d'équipage", selon la compagnie aérienne Voepass.
Il reliait Cascavel, dans l'Etat du Parana (sud), à l'aéroport international de Guarulhos, à Sao Paulo. Après une chute brutale, il s'est écrasé à 13H25 (16H25 GMT) à Vinhedo, localité de 76.000 habitants située à quelque 80 kilomètres au nord-ouest de Sao Paulo, semant l'effroi parmi les habitants.
Des images diffusées par les médias locaux ont montré l'appareil au moment de sa chute à grande vitesse, et d'autres une longue colonne de fumée s'élevant depuis le site de l'impact, un quartier où il n'y a pas eu de victimes parmi les habitants.
Le président Luiz Inacio Lula da Silva a décrété trois jours de deuil national après le "tragique accident".
- "Désespoir" -
Le routier Martins Barbosa, 49 ans, travaillait quand il a appris l'accident d'avion, survenu à 150 mètres de chez lui. "J'ai pensé qu'il avait pu tomber sur ma maison, avec mon fils à l'intérieur", a-t-il dit à l'AFP, confiant son "désespoir" sur le coup, avant d'être rassuré.
"Ca a été horrible, on a vu l'avion faire plusieurs tours sur lui-même et tomber. C'est Dieu qui nous a sauvés, parce qu'il s'en est fallu de peu que (l'avion) ne tombe sur ma maison. Je suis en état de choc, je n'arrête pas de trembler", a raconté Edna Barbosa, une habitante de Vinhedo, sur la télévision brésilienne SBT.
Un autre résident, Ricardo Rodrigues, a relaté sur la chaîne locale Band News avoir "vu beaucoup de corps par terre, beaucoup" sur les lieux de l'accident.
Selon l'Armée de l'air brésilienne (FAB), le vol "s'est déroulé de façon normale jusqu'à 13H20 (16H20 GMT)". Mais une minute après "l'appareil n'a pas répondu aux appels" de la tour de contrôle, et "il n'a pas non plus déclaré se trouver dans une situation d'urgence ni affronter des conditions météorologiques adverses".
L'avion est de modèle ATR 72-500. Le constructeur, filiale d'Airbus et de l'italien Leonardo, a affirmé dans un communiqué que "les spécialistes ATR sont pleinement engagés pour soutenir l'enquête en cours".
La boîte noire a été retrouvée et devra être analysée.
- Identification des victimes -
La police militaire présente sur les lieux a fait savoir que l'incendie provoqué par la chute de l'avion avait été maîtrisé. Des équipes de pompiers, de la défense civile et de l'armée de l'air ont été aussi déployées.
La récupération des restes des victimes en vue de leur "identification" a commencé et "va se poursuivre tout au long de la nuit", a annoncé sur place devant la presse le gouverneur de l'Etat de Sao Paulo, Tarcisio de Freitas.
Les corps seront transférés dans la morgue principale de Sao Paulo, la capitale économique du Brésil.
Voepass a précisé qu'"il n'y a pas encore d'informations confirmées concernant les circonstances de l'accident".
Selon l'Agence nationale de l'aviation civile, l'appareil respectait toutes les normes en vigueur.
Il avait fait l'objet d'opérations de "maintenance de routine la nuit précédente" et quitté Ribeirao Preto (ville de l'Etat de Sao Paulo où se situe le siège de Voepass) "sans aucun problème technique", a assuré en conférence de presse le directeur des opérations de la compagnie, Marcel Moura.
Le premier vol de cet avion fabriqué en France remonte à avril 2010, selon le site spécialisé planespotters.net.
D'après des données de la Cenipa, sans compter celui de vendredi, depuis le début de l'année le Brésil a enregistré 108 accidents d'avions qui ont fait 49 morts. Ces dix dernières années, 746 personnes ont péri dans 1.665 accidents dans ce pays aux dimensions gigantesques.
En 2007, un Airbus A320 de la compagnie brésilienne TAM avait raté son atterrissage sur l'aéroport de Congonhas de Sao Paulo et s'était écrasé contre un bâtiment de fret, tuant les 187 personnes à bord et 12 personnes au sol.
Deux ans plus tard, un Airbus A330-230 d'Air France, assurant la liaison entre Rio de Janeiro et Paris, a disparu au-dessus de l'Atlantique dans une zone de turbulences avec 228 personnes à bord.