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Qui a failli et pourquoi? Près de trois semaines après la découverte du corps de la jeune Lyhanna, un rapport d'inspection très attendu va être déposé lundi sur le bureau de Sébastien Lecornu pour faire la lumière sur les dysfonctionnements dans cette affaire.
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Rédigé par les services de l'inspection générale de la gendarmerie nationale et de la justice, il sera remis à 11H00 au Premier ministre, ont précisé les services de Matignon.
Avec une question : comment expliquer que Jérôme Barella, principal suspect dans le viol et la mort de la jeune fille de 11 ans, disparue le 29 mai dans le Gers, n'ait jamais été inquiété alors qu'il faisait l'objet de plusieurs plaintes pour agressions sexuelles et viols sur des enfants ?
Selon La Tribune Dimanche, il évoque notamment le temps perdu dans la prise en charge de la plainte déposée en août 2025 par la mère de Rosa, une enfant de 10 ans qui accuse Jérôme Barella de l'avoir violée à plusieurs reprises. Une affaire pour laquelle il n'a jamais été entendu alors que la procédure avait fait deux fois la navette entre la Haute-Garonne et le Gers.
Il pointe ainsi des défaillances individuelles plutôt qu'un manque de moyens au sein du parquet d'Auch, saisi de l'affaire. "La juridiction n'était pas débordée par d'autres dossiers urgents ou particulièrement sensibles", écrit Le Parisien qui a aussi obtenu de premiers éléments sur la teneur générale du rapport.
- Possibles sanctions -
Ses conclusions pourraient aboutir à des enquêtes administratives, avant de possibles sanctions.
"Lorsque des fautes professionnelles sont établies (...) personne ne comprendrait qu'elles ne soient pas sanctionnées", a souligné Gérald Darmanin dans un courrier adressé la semaine dernière aux quelque 10.000 magistrats, tout en rappelant son "attachement viscéral" à leur indépendance.
Le garde des Sceaux s'était attiré les foudres de nombre d'entre eux pour avoir pointé des dysfonctionnements individuels dès les premières heures de l'affaire, sans attendre les conclusions de la mission d'inspection.
Fragilisé par cette affaire qui a entraîné des appels à sa démission de LFI au RN en passant par le PS, il répète ne pas porter de responsabilité politique, affirmant qu'au contraire ses directives de prioriser le traitement des dossiers d'atteintes aux personnes - notamment la pédocriminalité - n'ont pas été pleinement appliquées. Les syndicats de magistrats pointent, eux, une avalanche de priorités et un manque criant de moyens.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez tente aussi de déminer. Il a apporté sa "confiance" à l'ensemble des enquêteurs de la police et de la gendarmerie, ajoutant qu'il "veillerait" à ce que ce dossier "ne jette pas le discrédit sur le travail colossal" déjà mené.
La mort de Lyhanna continue de nourrir une série de mobilisations pour réclamer une meilleure protection des victimes de violences sexuelles et sexistes. De nouveaux rassemblements sont prévus lundi devant plusieurs tribunaux.
La colère des familles n'est pas non plus retombée. L'une d'entre elles va déposer plainte contre l'Etat pour "faute lourde" et saisir la Cour de Justice de la République contre Gérald Darmanin.
- "Situation intenable" -
Et, à un an de la présidentielle, les responsables politiques y vont de leurs propositions. De la castration chimique obligatoire pour Bruno Retailleau (LR) à de nouveaux crédits pour la justice à gauche.
"Si on en reste à des réponses individuelles, en désignant un ou deux boucs émissaires sans prendre à bras le corps ce fléau (...) on sera passé absolument à côté du sujet", a estimé dimanche le coordinateur de LFI Manuel Bompard.
Il y a "peut-être" des responsabilités individuelles, mais les métiers de la justice sont "dans une situation intenable", a commenté la patronne des Ecologistes Marine Tondelier, Sébastien Chenu (RN) déplorant, lui, que "Gérald Darmanin, soit toujours en place".
L'exécutif est sous pression pour qu'un texte vienne répondre à l'urgence: une loi dite "intégrale" de 78 articles portés par une centaine de députés de la gauche et de la coalition gouvernementale.
La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a appelé le gouvernement à l'inscrire à l'agenda parlementaire à la rentrée, mais Sébastien Lecornu a dit s'attacher davantage à une réponse globale qu'à une nouvelle loi.