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Entre gestion des corps et recherche d'hypothétiques survivants, une trentaine de pays tentent mardi d'aider le Venezuela à se relever après le double séisme qui l'a frappé il y a une semaine, faisant des dizaines de milliers de disparus et, officiellement, plus de 1.700 morts.
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La Nasa estime qu'environ 58.870 bâtiments ont été endommagés ou détruits dans l'ensemble de la zone affectée, en s'appuyant sur des images satellitaires.
Lundi, l'armée américaine a rouvert le port de La Guaira, permettant le débarquement d'aide humanitaire. L'USS Fort Lauderdale, un navire amphibie de transport de troupes et de matériel, s'est ancré dans les eaux de cette cité balnéaire dont la plupart des résidences avec piscine se sont effondrées comme des châteaux de carte.
Le symbole est fort : en janvier dernier, la même armée américaine venait capturer le président Nicolas Maduro, poursuivi pour narcotrafic présumé. Depuis, Washington et Caracas se sont rapprochés et Donald Trump soutient la cheffe de l'Etat par intérim Delcy Rodriguez, tout en prenant le contrôle des secteurs miniers et des hydrocarbures du pays.
Les Etats-Unis ont doublé le montant de leur aide bilatérale après le tremblement de terre, pour un total de 300 millions de dollars dirigés vers les ONG et agences onusiennes.
- Morgues saturées -
Sur les quais du port, une morgue a été improvisée. Dès les premiers jours, blessés et cadavres ont été envoyés vers les hôpitaux de la région, mais les morgues sont saturées.
La situation n'est guère meilleure à Caracas. Des centaines de corps se trouvent dans des morgues de fortune aménagées à l'intérieur des entrepôts du port, à 40 kilomètres du centre-ville, a constaté lundi une journaliste de l'AFP. De 60 à 70 services funéraires sont dispensés chaque jour, selon des employés à qui il a été demandé de préparer "entre 100 et 200 tombes".
Les crémations s'enchaînent, les employés nettoyant à la hâte les chambres de combustion. Une employée dit avoir travaillé jusqu'à minuit au cours du week-end. "Et ce n'est que le début", prédit Freddy Rey, un autre fonctionnaire du cimetière.
Partout dans le pays, les familles des victimes et les volontaires dénoncent le manque de personnel pour faire face à l'urgence.
La communauté internationale s'est pourtant mobilisée : selon le coordinateur de l'ONU au Venezuela, Gianluca Rampolla Del Tindaro, 27 pays ont envoyé plus de 40 équipes de secours, soit "plus de 2.000 secouristes et autres personnes sur le terrain, avec plus de 160 chiens".
- Répliques -
Ces équipes étrangères ont réussi à extraire des décombres sept victimes en vie dimanche. A chaque fois, les mêmes images de secouristes extrayant ces blessés hagards, en larmes, traumatisés.
Le bilan officiel, très provisoire, a atteint 1.719 morts et 5.034 blessés, selon le président de l'Assemblée nationale Jorge Rodriguez.
L'ONU va fournir 10.000 sacs mortuaires, sur la base d'une estimation de 2.500 structures touchées, "dont la plupart totalement effondrées".
"On me dit que ma sœur et ses enfants sont là-bas, ainsi que les enfants de mon frère", explique Wilker Molalla, un rescapé de 25 ans, devant l'une des morgues improvisées de La Guaira. "Nous attendons l'arrivée de nouvelles camionnettes (...) pour qu'on puisse nous remettre leurs corps avec le procès-verbal d'autopsie et les documents".
A ces tâches, déjà herculéennes, s'est ajoutée lundi matin une réplique d'une magnitude de 4,6, qui a fait trembler Caracas et La Guaira. "Nous l'avons tous sentie. La panique a été horrible", a commenté Fernan Hernandez, 57 ans, devant l'immeuble de cinq étages qui a enseveli son frère à La Guaira. Les autorités n'ont pour autant signalé aucun dommage supplémentaire.
La colère continue de gronder d'un bout à l'autre du pays quant à la lenteur des secours. Car les opérations de secours se sont plutôt concentrées à Caracas et dans l'État voisin de La Guaira.
"C'était horrible. Je me suis dit que je ne sortirais pas de là", a protesté Carmen Angarita, survivante de l'effondrement d'un immeuble de trois étages à El Junquito, un village touristique proche de Caracas, qui se dit oublié.
Des militaires et des policiers bouclent les accès aux zones menacées dans ce village touristique, connu pour son climat de montagne et sa gastronomie.
Pendant de nombreuses heures avant l'arrivée des premiers secours les Vénézuéliens ont dû fouiller les décombres à mains nues par manque d'engins de chantier et de levage.
Le gouvernement "n'est pas monté jusqu'ici pour envoyer les machines, nous sommes dans l’attente. (...) Ce que nous lui demandons, c'est qu'il nous aide, qu'il finisse par envoyer les engins", a réclamé Dayana García, une villageoise d'El Junquito de 44 ans.