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La troisième canicule de l'année en France franchit un nouveau cap à l'approche du week-end, avec une vigilance rouge canicule étendue à 24 départements du quart nord-ouest samedi et des températures pouvant localement atteindre 40°C.
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Un total de 22,2 millions d'habitants -trois fois plus que vendredi- seront concernés par le plus haut niveau d'alerte défini par l'institut météorologique, selon un calcul de l'AFP à partir des données annuelles de l'Insee ne reflétant pas les déplacements des vacanciers.
Si l'on ajoute 59 départements en orange, quelque 58,5 millions d'habitants seront touchés par les fortes chaleurs.
"On n'a pas d'autre choix que d'aménager nos horaires", explique à l'AFP Aymeric Louapre, éleveur porcin à Vezin-le-Coquet (Ille-et-Vilaine). "On commence très tôt le matin dans les élevages, vers 5h00, et on y retourne à partir de 21h00".
Dans sa porcherie vendredi après-midi, la température avoisinait celle de l'extérieur, soit 35°C.
Aucune amélioration n'est prévue pour ce weekend puisque "la chaleur monte encore d'un cran, avec des nuits chaudes sur la majeure partie du pays", avertit Météo-France. "Les 40°C peuvent être atteints" dans l'Ouest, avec des risques d'orages violents.
- 131 noyades -
La valeur la plus élevée relevée sur la journée était à Saint-Côme-d'Olt (Aveyron), avec 41,4°C.
Le gouvernement a déclenché un "plan Orsec chaleurs extrêmes qui n'existait pas par le passé" dans les départements en vigilance rouge, avec l'ouverture de "centres dédiés, des centres de protection, des centres de rafraîchissement" à destination des "personnes vulnérables", les personnes âgées et les sans-abri.
L'exécutif a essuyé de nombreuses critiques pour son impréparation face aux chaleurs extrêmes et une importante surmortalité a d'ores et déjà été enregistrée ces dernières semaines, en particulier chez les personnes âgées de plus de 75 ans.
Vendredi, les Ehpad et les services à domicile ont demandé au gouvernement de financer des renforts estivaux. Et les passages aux urgences ont légèrement augmenté ces derniers jours, de même que les appels à SOS médecins liés à la chaleur, selon le directeur général de la Santé.
Corollaire de la chaleur et du trafic automobile essentiellement, plusieurs régions connaissent en outre une pollution importante à l'ozone, qui provoque des maladies respiratoires.
- Déjà 25.000 hectares brûlés -
Fortes chaleurs et sécheresse combinées créent "une situation exceptionnelle de danger de feux de forêts sur l'ensemble du territoire", poursuit Météo-France. Plus de 25.000 hectares ont brûlé depuis le début de l'année, soit près du double de ce qui était mesuré l'année dernière à la même date, selon une estimation de la sécurité civile.
A Marseille, un incendie s'est déclaré en début d'après-midi dans le quartier de la Valbarelle, au pied du massif de Saint-Cyr situé dans l'est de la deuxième ville de France. Le feu, attisé par des vents de 30 à 40 km/h, a parcouru 12 hectares de végétation avant d'être rapidement fixé par les marins-pompiers, assistés d'importants moyens aériens.
En Loire-Atlantique, un incendie s'est déclaré à proximité d'un camping à La Plaine-sur-Mer, où une centaine de personnes ont été évacuées, selon la préfecture. Plus d'une centaine de pompiers sont mobilisés, dont l'un a été légèrement blessé. La surface parcourue par les flammes n'est pas encore connue.
Dans la Drôme, le feu de végétation qui a déjà touché 3.700 hectares continuait vendredi de progresser "lentement", selon les autorités. Dans les Pyrénées-Orientales, l'incendie qui a ravagé 4.900 hectares depuis samedi est quant à lui sur le point d'être maîtrisé.