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Des ossements ont été retrouvés jeudi dans le Tarn à l'emplacement indiqué aux enquêteurs par Cédric Jubillar pour retrouver le corps de son épouse Delphine, disparue depuis fin 2020, dont il a avoué être à "l'origine de la mort", selon la justice.
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"Des ossements qui pourraient être des ossements humains ont été retrouvés sur les lieux indiqués par Cédric Jubillar comme l'endroit où il avait déposé le corps de Mme (Delphine) Aussaguel", a déclaré à l'AFP le procureur général de la cour d'appel de Toulouse Nicolas Jacquet, confirmant une information divulguée par BFM-TV.
A Villeneuve-sur-Vère, à 10 km de Cagnac-les-Mines, le village où résidait le couple, un fourgon de gendarmerie barre l'accès à la zone des fouilles, au milieu de champs jaunis par la canicule, a constaté un journaliste de l'AFP.
Ces fouilles ont été déclenchées au lendemain d'une audition, mercredi, lors de laquelle "Cédric Jubillar a reconnu être à l'origine de la mort de Delphine Aussaguel et indiqué pouvoir orienter les enquêteurs pour localiser le corps", avait auparavant indiqué M. Jacquet, dans un communiqué.
Depuis plus de cinq ans et notamment pendant tout son procès très médiatisé devant les assises du Tarn, à l'issue duquel il a été condamné à 30 ans de réclusion en octobre, il avait toujours clamé son innocence.
- Instance de divorce -
Ses aveux ont été recueillis mercredi par la présidente de la cour d'assises de Haute-Garonne, juridiction devant laquelle M. Jubillar doit être jugé en appel à partir du 21 septembre.
Cédric Jubillar est présent sur le lieu des recherches, accompagné de ses avocats Pierre et Guy Debuisson, qui ont remplacé ces derniers mois Emmanuelle Franck et Alexandre Martin, ses défenseurs pendant quatre ans et demi.
Les recherches sont menées par les gendarmes de la section de recherche de Toulouse et des techniciens en investigation criminelle, sous l'autorité d'un juge d'instruction nommé par la présidente de la cour d'assises.
Delphine Jubillar, née Aussaguel, avait disparu mystérieusement du domicile du couple en instance de divorce dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, au tout début d'un couvre-feu lié à la pandémie de Covid-19.
Dans une affaire sans corps, ni aveux, ni preuve formelle, l'intime conviction de la cour en première instance s'était forgée grâce à un faisceau d'indices: le témoignage du fils aîné Louis, qui dit avoir vu ses parents se disputer le soir des faits, la géolocalisation du téléphone de Delphine, qui n'a jamais quitté la zone, et le véhicule du couple, déplacé pendant la nuit quand l'accusé était seul à en avoir les clés.
- "Besoin de parler" -
Le passage aux aveux de Cédric Jubillar est dû à "un besoin de parler", car il aurait jusque-là été "verrouillé par la pression médiatique" et "la pression très forte des enquêteurs", ainsi que fragilisé par la prise de médicaments et son régime carcéral à l'isolement, avait déclaré lors d'une conférence de presse le 6 juillet Me Pierre Debuisson.
Me Guy Debuisson, l'associé et père de Pierre Debuisson, avait pour sa part assuré à BFMTV que Jubillar n'avait "jamais eu l'intention de tuer son épouse", ce qui laisse entendre que sa défense va contester la notion d'homicide pour privilégier celle de coups mortels dans la mort de Delphine Jubillar.
Dans le courrier transmis à Me Debuisson, Cédric Jubillar évoque une dispute sans en indiquer les circonstances.
Ses avocats ont par ailleurs jugé "impossible" que son procès en appel puisse se tenir comme prévu, à partir du 21 septembre, à Toulouse.
Incarcéré à la maison d'arrêt de Seysses, près de Toulouse, Cédric Jubillar s'est en outre vu retirer en décembre l'autorité parentale sur ses deux enfants, Louis et Elyah, âgés de 11 et six ans et confiés à leur tante maternelle.