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Le pape Léon XIV, accueilli par une foule de pèlerins à Lourdes au troisième jour de sa visite en France, a rappelé très fermement dimanche son opposition à l'aide à mourir et exhorté les évêques français à "poursuivre" la lutte contre le "douloureux fléau" de la pédocriminalité dans l’Église .
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Après avoir attiré plus d'un million de personnes à Paris, Léon XIV a encore goûté à l'enthousiasme démonstratif de quelque 150.000 pèlerins venus assister à une messe en plein air, au pied des Pyrénées.
Cris et applaudissements ont accueilli la papamobile sur la prairie du sanctuaire marial, haut lieu de pélerinage catholique, où le pape a célébré - moins de 24 heures après sa messe sur les Champs-Elysées - un nouvel office géant, comme Benoît XVI en 2008 et Jean-Paul II, en 1983 et 2004.
Au cours de ses différentes interventions dimanche, le pape a enfoncé le clou sur des thèmes - fin de vie, laïcité, école catholique - sur lesquels il avait déjà voulu faire passer un message vendredi devant Emmanuel Macron.
Après avoir déjà dénoncé à l'Élysée "l'offre d'une mort programmée", Léon XIV s'est montré particulièrement pugnace contre l'euthanasie, deux mois après l'adoption en France de la loi instaurant un droit à l'aide à mourir.
A Lourdes, il n'a pas esquivé le sujet des violences sexuelles au sein de l'Eglise, sur lequel il ne s'était pas encore exprimé depuis son arrivée et qui reste brûlant pour l'Église de France, cinq ans après le rapport choc qui avait estimé à 330.000 le nombre de victimes mineures en son sein depuis 1950.
En début de journée, le pape s'est ainsi recueilli devant la représentation de "L'Enfant qui pleure", œuvre symbolisant les souffrances des victimes de violences sexuelles dans l'Eglise puis, appelé les évêques français, lors d'une rencontre à huis clos, à "poursuivre" leur action face au "fléau" des violences sexuelles "en maintenant la plus grande vigilance".
- "Ouvrir les yeux" -
La journée de Robert Prevost doit se terminer par une rencontre très attendue - à huis clos - avec sept victimes de violences sexuelles. Parmi elles figure un ancien de l'institution Notre-Dame de Bétharram, mais aucun représentant de collectif - un choix critiqué par ces derniers, qui déplorent "une mascarade" sans concertation.
En Espagne où il avait rencontré six victimes en juin, Léon XIV avait déjà dénoncé un "fléau" et demandé "vérité, justice et réparation".
Pour la venue du souverain pontife, la basilique du célèbre sanctuaire de Lourdes a totalement recouvert les mosaïques de sa façade, réalisées par Marko Rupnik, prêtre slovène accusé d'agressions sexuelles.
Pour Domitille Bardoul, 26 ans, une fidèle venue à Lourdes après avoir assisté à la veillée au stade de France vendredi et à la messe place de la Concorde samedi, "il y a une prise de conscience" au sein de l'Eglise. Le pape est "là aussi pour réconforter les victimes" et montrer qu'"on est de leur côté à 100%", ajoute-t-elle.
Toute la matinée, familles, religieux, personnes en fauteuils roulants et bébés en poussettes se sont massés, au son de cantiques diffusés par hauts-parleurs, sur un site qui accueille trois millions de visiteurs par an.
"Quand on voit l'engouement énorme, on se dit que la foi catholique n’est pas perdue en France", se réjouit Xavier, lycéen bordelais de 16 ans, levé aux aurores pour ne pas manquer cette messe.
La ville pyrénéenne d'environ 13.600 habitants s'est parée de blanc et de jaune, les couleurs du Vatican, commerces et restaurants affichant le portrait du souverain pontife.
Un pape à Lourdes, "c'est le Graal, c'est comme Dieu qui arrive", a souligné à l'AFP Anne-Marie Mazars, 56 ans, venue de Rodez (Aveyron).
Arrivé samedi soir à Lourdes, le pape américain avait déjà suscité l'engouement des fidèles pendant deux jours à Paris, du Stade de France à la cathédrale Notre-Dame, en passant par la place de la Concorde où il a célébré samedi une messe géante devant 800.000 personnes, selon le Vatican.
Pour la dernière journée de sa visite, Léon XIV s'envolera lundi matin pour Metz, une séquence voulue plus européenne et interreligieuse.