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Les dirigeants britanniques ont appelé au calme dimanche tandis qu'un face à face tendu se prolongeait dans la nuit à Portadown, ville d'Irlande du Nord, où des manifestants ont empêché une marche protestante pro-britannique autorisée pour la première fois depuis 1997 de traverser un quartier catholique.
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Certains partisans de l'Ordre d'Orange attendaient toujours dans une église perchée sur une colline en début de soirée, à environ un kilomètre et demi du quartier de Garvaghy Road, où plusieurs milliers de manifestants continuaient de barrer la route sous une pluie battante.
La tension est montée après qu'un tribunal a autorisé, dans un revirement surprise tard samedi soir, la tenue de la marche de cet ordre protestant, ravivant des tensions héritées du conflit nord-irlandais.
"D'importants progrès" ont été accomplis en Irlande du Nord "et nous ne voulons pas voir les choses repartir en arrière", avait affirmé dimanche matin le Premier ministre britannique Andy Burnham, enjoignant "toutes les parties au calme".
Certains soutiens de l'Ordre d'Orange ont quitté l'église et sont descendus de la colline vers 18H00 (17H00 GMT), mais un cordon de police les a empêchés d'avancer.
Le ministre britannique chargé de l'Irlande du Nord, Chris Bryant, a quitté en urgence la conférence du Labour à Liverpool pour se rendre sur place.
A son arrivée, il a dit vouloir parler "en face à face avec les dirigeants politiques et communautaires pour essayer de parvenir à stabiliser la situation".
L'Irlande du Nord a été marquée par trois décennies d'un conflit opposant des républicains, principalement catholiques, favorables à l'unification avec l'Irlande, et des unionistes, principalement protestants, favorables au maintien dans le Royaume-Uni.
Garvaghy Road était devenu l'un des principaux points de tension à la fin des années 1990.
Depuis les accords de paix dits "du Vendredi saint" en 1998, qui ont mis fin au conflit en Irlande du Nord, les soutiens de l'Ordre d'Orange n'étaient plus autorisés à y défiler.
- "Harcèlement sectaire" -
La Commission des parades, organisme indépendant chargé de réglementer ces défilés controversés, a cependant décidé d'autoriser cette année 35 membres de l'Ordre à marcher en silence le long de Garvaghy Road, sans fanfare ni partisans.
La justice a été saisie et un juge de la Haute Cour de Belfast a d'abord suspendu la marche samedi, avertissant que ce différend de longue date pouvait provoquer une escalade dans toute l'Irlande du Nord et exhortant les parties à "s'éloigner du précipice".
Mais, coup de théâtre peu avant minuit, une formation de trois juges de la Cour d'appel a annulé ce jugement sur la base d'une "erreur de droit".
Ce revirement a été vivement condamné par la Première ministre d'Irlande du Nord Michelle O'Neill, du parti républicain irlandais Sinn Fein, qui a rejoint la contre-manifestation et s'est inquiétée d'une "remise en question du fonctionnement de tout le processus de paix".
Était également présente la présidente du Sinn Fein, Mary Lou McDonald, qui a déclaré aux journalistes que "les habitants et la communauté étaient descendus dans la rue pour défendre leur droit à vivre à l'abri du harcèlement sectaire".
Depuis 1998, "de nombreux progrès ont été accomplis (...) la vie des gens a fondamentalement changé", a-t-elle déclaré. "Nous ne reviendrons pas en arrière".
Gavin Robinson, dirigeant de la formation pro-britannique Democratic Unionist Party (DUP) a accusé les dirigeants du Sinn Fein d'avoir "enfreint la loi" en participant à cette manifestation non-déclarée.
Dès sa création en 1998, la Commission nord-irlandaise des parades avait interdit à l'Ordre d'Orange de terminer son parcours par Garvaghy Road, et elle a depuis systématiquement rejeté ses demandes.
La question s'est reposée en août lorsque la Haute Cour a annulé la dernière restriction imposée par la Commission du fait d'un vice de procédure, sans pour autant reconnaître à l'Ordre le droit de défiler dans ce quartier catholique.
L'Ordre d'Orange avait alors déposé une nouvelle demande, aboutissant vendredi à l'autorisation d'une procession sous forme restreinte.