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Avec au moins 250.000 manifestants partout en France, sans incident majeur, les lycéens ont fait entendre leurs revendications mardi, avec l'intention affichée de poursuivre la mobilisation malgré l'appel du gouvernement à retourner dans les établissements pour dialoguer à partir de mercredi.
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"On sent que ça change parce qu'il y a des gens de banlieues, des gens de Paris, des gens du privé, des gens du public, de toute religion, de toutes origines qui viennent (...) Ca nous réunit parce qu'on sent qu'il y a besoin de changement", a confié à l'AFP Diane, élève de 1ère à Paris au lycée privé Massillon.
Quelque 256.000 manifestants, lycéens mais aussi professeurs, parents et syndicalistes, ont été recensés lors d'une trentaine de manifestations dans le pays, dont 56.000 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur. Lors de cette journée placée sous haute surveillance après plusieurs jours de tension, quelque 450.000 personnes ont défilé dans tout l'Hexagone, dont 100.000 dans la capitale, selon les organisations lycéennes et étudiantes.
Les étudiants sont aussi venir grossir les rangs. "On a des revendications communes" avec les lycées, selon Cynthia, 21 ans, dans le cortège parisien. "On a des universités qui sont pauvres".
Plusieurs personnalités politiques de gauche sont également venir soutenir les lycéens, notamment les Insoumis Jean-Luc Mélenchon et Bally Bagayoko, la cheffe des écologistes Marine Tondelier et le premier secrétaire du PS Olivier Faure.
À un peu plus de six mois de la présidentielle, élection qui verra certains des lycéens mobilisés voter pour la première fois, cette mobilisation s'étire dans un climat politique et social particulièrement tendu, sur fond de hausse des prix et de recherches de coupes budgétaires dont certaines concernent les jeunes, comme les aides au logement.
- "On ne va rien arrêter" -
Les lycéens, dont le mouvement est né mi-septembre à Créteil avant de s'étendre, dénoncent l'insalubrité de certains bâtiments, des classes et des emplois du temps surchargés, des professeurs non remplacés ou encore les inégalités liées à Parcoursup.
A l'Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu les a invités à regagner leurs établissements à partir de mercredi pour "avoir un temps de démocratie interne au sein du lycée", sans cours, durant cette fin de semaine.
"Il y aura bien une demi-journée banalisée dans tous les établissements de France", à partir de mercredi, pour "objectiver la situation établissement par établissement", a précisé le ministre de l'Education Edouard Geffray.
Une organisation que les représentants des chefs d'établissements ont toutefois jugé quasi-impossible en si peu de temps : "on ne le mettra pas en œuvre ni demain, ni après-demain. On ne sera pas en ordre de fonctionnement, d'autant que les établissements sont plus ou moins chahutés", selon Christelle Kauffmann, secrétaire générale adjointe du SNPDEN-Unsa.
Au total, 891 lycées sur les 3.700 du pays avaient des cours "suspendus, soit totalement, soit partiellement, toutes causes confondues" mardi, selon le ministère.
"Si on ne se mobilise qu'un jour, ils vont dire qu'on fait un caca nerveux et ils vont passer à autre chose", anticipe Benjamin, lycéen à Sceaux (Hauts-de-Seine).
"Il faut un déblocage du budget" pour mettre fin au mouvement, a jugé Suzanne Nijdam, de la Fage, première organisation étudiante.
- Peu d'incidents -
Les défilés se sont globalement déroulés sans incident majeur, à l'exception de quelques tensions à Lyon, Nantes, Rennes et Toulouse où les forces de l'ordre ont répondu par du gaz lacrymogène à des jets de projectiles, des tirs de mortiers d'artifice et des feux de poubelles.
A Paris, la police a usé de gaz lacrymogène place de la Nation, point d'arrivée de la manifestation, pour contenir "un pré-cortège de 300 individus hostiles", selon la préfecture de police, déplorant "trois enseignes légèrement dégradées".
Dans les cortèges, de nombreux slogans et pancartes dénoncent aussi le comportement des forces de l'ordre, accusées de "violences policières".
À Tours la semaine dernière, un lycéen de 16 ans avait perdu l'usage d'un œil lors d'un blocage et un autre de 14 ans a eu la mâchoire cassée à Sainte-Ouen-l'Aumône par un tir de grenade lacrymogène. Lundi, un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade à Lens.
Parler d'"d'instructions politiques de répression policière" contre les manifestations de lycéens est un "mensonge", a rétorqué Sébastien Lecornu, rappelant que plus de 715 policiers et gendarmes ont été blessés.
Depuis le début du mouvement, 215 élèves et 85 personnels de l’Éducation nationale, ont été blessés, a précisé le Premier ministre, "suite à des agressions ou de manière plus résiduelle, des accidents".