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Au moins 64 personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans la collision mercredi de deux trains à environ 150 km au sud de Madrid, selon les autorités, bilan provisoire qui en fait une des pires catastrophes ferroviaires en Espagne après un précédent drame en janvier.
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Cet accident meurtrier intervient en pleine campagne pour les législatives du 29 novembre et moins d'un an après, là aussi, une collision entre deux trains à Adamuz, en Andalousie, qui avait fait 46 morts, bouleversant toute l'Espagne.
Sur place, sur la commune d'Urda, un journaliste de l'AFP a vu les trains accidentés, dont visiblement deux voitures avaient déraillé avant de finir en contrebas du talus.
Les routes ont été coupées pour faciliter l'accès des nombreux secours et permettre l'évacuation des victimes.
Le Premier ministre, Pedro Sánchez, qui est en chemin pour se rendre à Urda selon ses services, s'est dit sur X "consterné". Le roi Felipe VI a déploré "une terrible tragédie".
- "Monstrueux" -
Selon un porte-parole des services d'urgence sollicité par l'AFP, la collision a eu lieu "à 08H54" (07H54 GMT) entre "deux trains, l'un de Iryo et l'autre de Renfe", près de la station d'Urda, dans la région de Castille-La-Manche.
Iryo est une compagnie privée, filiale à 51 % des chemins de fer italiens FS, et Renfe la compagnie nationale publique espagnole.
"Nous parlons de 64 morts", dont 40 dans le train Iryo et 24 dans celui de la Renfe, a indiqué en début d'après-midi le président régional, Emiliano García-Page, lors d'un point-presse.
"Ce chiffre va probablement encore augmenter", a-t-il averti. Et d'ajouter: "C'est énorme, c'est monstrueux".
Plus tôt, il avait expliqué que les secours tentaient d'atteindre les zones les plus "profondes" des wagons à la recherche de survivants, assurant qu'il y avait des dizaines de blessés, dont certains graves.
Le responsable, tout comme la ministre de la Santé, Monica Garcia, interrogée à la télévision espagnole, ont dit ne "pas avoir d'information" à ce stade sur la cause de l'accident.
En l'état, la circulation "est interrompue" entre Madrid et l'Andalousie, la région méridionale d'Espagne, a annoncé l'entreprise chargée de gérer l'infrastructure ferroviaire, ADIF.
La Renfe, dont un train Madrid-Séville est impliqué dans l'accident, a pour sa part dit dans un communiqué être en train de "recueillir des informations afin d'évaluer l'ampleur de l'accident".
- Pire tragédie depuis 2013 -
Cette tragédie vient percuter la campagne électorale, à un mois des législatives anticipées.
Le Parti socialiste (PSOE), de Pedro Sánchez, a annoncé la suspension de ses activités de campagne jusqu'à jeudi.
Le chef du Parti populaire (PP, droite), Alberto Nuñez Feijoo, s'est, lui, déclaré sur X "très préoccupé" face à ce nouvel accident de trains.
Les 24 matches de Coupe du Roi prévus dans la soirée ont été reportés, selon la Fédération espagnole de football.
À Bruxelles, l'Union européenne a assuré être prête à apporter "toute son aide" aux autorités espagnoles. "L'Europe est aujourd'hui en deuil à vos côtés", a ajouté sur X la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.
Le président français Emmanuel Macron a, pour sa part, exprimé "la solidarité de la France" après ce "terrible drame".
Avec près de 4.000 kilomètres de voies ferrées, le réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol est le deuxième du monde, après celui de la Chine, et l'une des fiertés du pays.
La collision d'Adamuz le 18 janvier, également entre deux trains à grande vitesse, avait ravivé les débats en Espagne sur l'entretien du réseau ferroviaire et sur la sécurité pour les passagers, dans le deuxième pays le plus visité au monde chaque année.
Cet accident avait également suscité de vives critiques de l'opposition de droite et d'extrême droite contre le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez, qui s'était alors engagé à investir 1,8 milliard d'euros pour améliorer la maintenance du réseau.
Avec un bilan qui reste provisoire, la tragédie d'Urda est la plus grande catastrophe ferroviaire en Espagne depuis un déraillement meurtrier ayant fait 80 morts près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest) en 2013.