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L'Espagne a entamé jeudi trois jours de deuil national après la collision mercredi entre deux trains qui a fait au moins 68 morts et plus d'une centaine de blessés, pire tragédie ferroviaire dans ce pays depuis 2013, moins d'un an après une collision qui avait fait 46 morts.
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Le Premier ministre Pedro Sánchez a décrété trois jours de deuil national, de jeudi à samedi, alors que le bilan ne cesse de s'alourdir, désormais à 68 morts, selon le président de la région, Emiliano García-Page.
Les autorités ont fait état par ailleurs de 108 blessés, dont 58 hospitalisés.
Cette catastrophe a suscité des interrogations sur la sécurité du réseau ferroviaire espagnol après que le ministre des Transports a évoqué "une erreur" et des "circonstances inexplicables" qui ont abouti à la collision.
Le collision s'est produite dans la région de Castille-La-Manche mercredi matin lorsqu'un train à grande vitesse de la compagnie nationale Renfe est entré en collision avec un train à l'arrêt appartenant à la compagnie espagnole privée Iryo.
Mais quelques minutes plus tard, le centre de contrôle a ordonné la reprise en marche du train Renfe, une décision "erronée" et "inexplicable", selon les termes d'Óscar Puente.
En un quart d'heure, ce train de la Renfe a parcouru 25 kilomètres, selon le ministre, avant de heurter, à une vitesse encore inconnue et en pleine ligne droite, le train Iryo, resté lui à l'arrêt.
Le centre de contrôle avait "largement le temps pour vérifier l'erreur, mais ils ne l'ont pas rectifiée", a souligné M. Puente.
L'enquête suit son cours, mais le gouvernement socialiste fait face à de vives critiques concernant la gestion du réseau ferroviaire.
Les services d'urgence ont fouillé les décombres au cours de la nuit pour retrouver d'autres victimes, soulevant des morceaux de métal tordu avec des grues, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Josimar Medina, un Péruvien de 31 ans qui passait ses vacances en Espagne avec sa compagne a déclaré qu'il dormait dans le train accidenté de la Renfe qand il s'est réveillé et a réalisé qu'il était "dans l'air"'.
Pablo Mejia, 42 ans, qui s'en est sorti avec une blessure à la tête, a raconté à l'AFP qu'un changement de siège à la dernière minute lui avait sauvé la vie.
"Il y a eu un choc très violent", a-t-il dit, évoquant "les gens au sol, les uns sur les autres, des sièges arrachés, une grande confusion" à bord des rames.
Une école située dans le village voisin d'Urda, à environ 130 km au sud de Madrid, a accueilli les proches venus se renseigner sur le sort des passagers.
Des équipes de la Croix Rouge offraient un soutien aux personnes qui arrivaient, certaines en larmes, au milieu des policiers et des journalistes.
La psychologue de la Croix Rouge Carmen Garcai a déclaré qu'elles devront affronter "de longues heures difficiles". "Nous avons des gens en état de choc qui n'ont pas encore réalisé ce qui s'est passé, des personnes en colère, tristes, inquiètes. Le deuil sera compliqué", a-t-elle souligné.
La Garde civile a installé quatre bureaux à Madrid, Tolède, Cordoue et Séville pour permettre aux proches des victimes de fournir des échantillons d'ADN et d'identifier ainsi les victimes.
Des centres de don du sang ont été mis en place à Castille-La Manche et à Madrid.
Le curé d’Urda, José Miguel Fernández, s’est lui aussi rendu sur place pour apporter aux proches des victimes. "L’important, c’est d’être auprès des familles des victimes, qu’elles sentent la proximité, car les mots, à un moment comme celui-ci, ne servent à rien".