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Le roi Harald V de Norvège, figure rassembleuse et jusqu'alors doyen des souverains en Europe, est mort vendredi à l'âge de 89 ans, a annoncé le Palais royal norvégien.
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Son fils Haakon, 53 ans, lui succède sous le nom de Haakon VIII alors que la monarchie norvégienne vient d'être fragilisée par une série de scandales.
"Le roi Harald s'est paisiblement éteint à l'hôpital national le vendredi 28 août, à 06H35" (04H35 GMT), a écrit le palais dans un communiqué.
"Une nation entière est en deuil, et en même temps emplie d'une profonde gratitude pour une longue vie consacrée à la Norvège", a réagi le Premier ministre, Jonas Gahr Støre.
"C'est un symbole de notre pays. Et c'est évidemment triste quand quelque chose d'aussi beau prend fin", a estimé auprès de l'AFP Maja Otvik, 36 ans, devant le palais où les Norvégiens viennent déposer des fleurs par centaines.
- Figure rassembleuse -
Vigdis Haug, 65 ans, retiendra avant tout le rôle fédérateur du défunt souverain.
"Je pense que c'est un roi tellement simple, qui s'est soucié de nous tous", a-t-elle confié.
Comme tant d'autres avec qui l'AFP a discuté, elle a été très sensible à son discours après les attaques mortelles par le néonazi Anders Behring Breivik qui ont fait 77 victimes le 22 juillet 2011, le pire massacre en Norvège depuis la Seconde guerre mondiale.
"C'était quelqu'un qui semblait toujours trouver les mots qui nous rassemblaient et nous apportaient un sentiment de sécurité", a résumé pour l'AFP Caroline Vagle, experte pour le magazine Se og Hør.
"Beaucoup d'entre nous ont le sentiment d'avoir perdu le grand-père de toute la nation", a-t-elle ajouté.
Les hommages se multipliaient aussi de l'étranger, le roi Charles III évoquant une "perte déchirante".
Le roi du Danemark a lui salué un homme "extraordinaire" tandis que le roi de Suède évoquait "un représentant exceptionnel de son pays".
Les cloches des églises du pays ont toutes carillonné à midi.
- Succession -
Le nouveau roi Haakon, qui, d'après les médias, a passé la nuit auprès de son père, a rencontré le gouvernement dans la matinée pour l'informer officiellement de la mort du monarque.
Outre son nom royal, il a annoncé garder la même devise que ses prédécesseurs: "Tout pour la Norvège".
D'abord mis en berne, le drapeau au-dessus du palais royal a été de nouveau hissé en haut du mât. Ceux sur d'autres bâtiments officiels doivent rester en berne jusqu'après les funérailles de Harald.
La fille aînée de Haakon, Ingrid Alexandra, 22 ans, devient quant à elle princesse héritière.
Hospitalisé depuis le 17 août, le roi Harald souffrait d'une anémie hémolytique, maladie du sang qui se traduit par une destruction anormalement rapide des globules rouges.
Monté sur le trône en 1991 à la mort du roi Olav son père, Harald a incarné une Norvège ouverte et tolérante.
Depuis plusieurs années, il souffrait de multiples problèmes de santé, mais il a toujours exclu d'abdiquer, faisant valoir qu'il avait prêté un serment à vie devant le Parlement.
La publication fin janvier de documents aux Etats-Unis a mis en évidence sa correspondance soutenue, et à la tonalité parfois intime, avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein entre 2011 et 2014 alors que le financier américain avait déjà été condamné.
La princesse, atteinte d'une maladie pulmonaire incurable qui lui a valu une greffe des poumons en juin, a aussi dû faire face aux démêlés judiciaires de son fils, Marius Borg Høiby.
Né d'une relation antérieure au mariage en 2001 de Mette-Marit et Haakon, le jeune homme âgé de 29 ans a été condamné en juin à quatre ans de prison ferme pour deux viols.
Il est assigné à résidence sous bracelet électronique en attendant son procès en appel.