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Des trains en moins, des autocars pleins... La grève des contrôleurs de la SNCF a démarré ce vendredi et de nombreux voyageurs resteront à quai tout au long du week-end de Noël, mais la direction de la SNCF et le gouvernement espèrent éviter une nouvelle paralysie partielle pour le Nouvel An.
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A la gare routière de Bercy à Paris, les cars affichaient tous complet vers 8h00 vendredi matin. Mais "ça arrive souvent à Bercy", relativisait un chauffeur. Patricia Jouanne s'apprêtait à monter dans l'un d'eux en direction de Poitiers. "Je pars, c'est le principal, mais je vais mettre 4 heures au lieu de 2 heures. Ça m'énerve un peu, ils embêtent énormément de monde", s'agaçait-elle.
Vendredi, la direction de la SNCF espérait sortir du conflit pour le week-end du Nouvel An, après avoir présenté la veille au soir aux syndicats un nouveau projet d'accord avec des "mesures complémentaires" pour les contrôleurs.
Les organisations syndicales ont jusqu'à vendredi midi pour signer l'accord et lever les préavis de grève qui menacent le week-end du Nouvel An.
Parmi les mesures promises par la direction de la SNCF, la création d'une "direction des chefs de bord" afin de reconnaître les spécificités du métier et d'être plus à l'écoute des problématiques qui pourraient surgir.
La prime spécifique pour les chefs de bord va aussi passer de 600 à 720 euros. Et la direction s'est engagée à embaucher 200 contrôleurs supplémentaires en 2023.
Enfin, des garanties de déroulement de carrière et de progression de salaires ont été actées par la direction.
"Ce qui s'est passé hier soir, c'est très important", a insisté le ministre délégué aux Transports Clément Beaune vendredi. "On a depuis hier soir un espoir beaucoup plus sérieux de préserver (le Nouvel An)", a-t-il estimé.
"Les mesures sont très fortes", a insisté vendredi matin le président de SNCF Voyageurs Christophe Fanichet. "Les organisations syndicales sont ressorties avec des choses extrêmement tangibles qui à mon sens devraient emporter leur accord".
- Remboursement à 200% -
Pour ce week-end, c'est déjà trop tard. Un millier de chefs de bord se sont déclarés grévistes et un train sur trois a été annulé vendredi et deux sur cinq samedi et dimanche, laissant 200.000 voyageurs à quai.
Le gouvernement avait mis la pression sur la SNCF jeudi pour que la situation ne se répète pas au Nouvel An. Si aucun syndicat n'appelle à la grève, trois - la CGT-Cheminots, SUD-Rail et la CFDT-Cheminots - avaient maintenu leur préavis pour permettre aux contrôleurs qui le souhaitaient de se mettre en grève.
Le collectif formé sur Facebook rassemblant les contrôleurs en colère est lui injoignable depuis plusieurs jours. Personne ne s'exprime en son nom et il a laissé le soin aux organisations syndicales de mener les négociations.
Vendredi, Christophe Fanichet a réitéré les excuses de la SNCF et rappelé les mesures exceptionnelles prises : les clients ont commencé à recevoir des courriels leur proposant une compensation de 200% en bons d'achat, qu'ils aient pu voyager ou non, en plus du remboursement du billet.
Mais les trains supprimés ou complets ont poussé de nombreux voyageurs à se tourner vers les autocars, le covoiturage, ou tout simplement la voiture (la leur ou une location, s'ils en trouvent.).
- Bus et bouchons -
Flixbus a dit à l'AFP qu'il transporterait 115.000 passagers de vendredi à lundi, 10 à 15% de plus qu'en 2019.
Le loueur de voitures Ucar a décidé de surfer sur la grève pour proposer ses voitures pour le weekend, au prix d'un billet annulé.
Selon Bison Futé, la journée de vendredi risquait déjà d'être compliquée sur la route en Ile-de-France : le service d'information routière conseillait de quitter la région avant 10h00, avec un pic de bouchons attendu entre 15h00 et 18h00. Vers 9h00, la circulation était cependant plus fluide qu'à l'accoutumée selon le site Sytadin.
Air France, touchée aussi par un appel à la grève de deux syndicats d'hôtesses et stewards jusqu'au 2 janvier, a pour sa part indiqué qu'elle assurerait tous ses vols vendredi et samedi.