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La justice iranienne a annoncé lundi trois nouvelles condamnations à mort, 48 heures après l'exécution de deux manifestants, provoquant une nouvelle forte vague d'indignation internationale.
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Les trois manifestants condamnés, tout comme les deux hommes exécutés samedi, ont été arrêtés au cours du mouvement de contestation déclenché à la mi-septembre en Iran par la mort de Mahsa Amini, 22 ans, détenue pour infraction au code vestimentaire strict de la République islamique.
Selon Mizan Online, l'organe du pouvoir judiciaire, Saleh Mirhashemi, Majid Kazemi et Saïd Yaghoubi, accusés d'être impliqués dans la mort de trois membres des forces de l'ordre lors de manifestations dans la province centrale d'Ispahan le 16 novembre 2022, ont été condamnés à mort en première instance.
Ils ont été reconnus coupables de "moharebeh (guerre contre Dieu en persan)", a précisé l'agence.
- "Voler la vie"-
Samedi, l'Iran avait annoncé l'exécution de deux hommes reconnus coupables d'avoir tué un paramilitaire lors des manifestations.
Cette double exécution a suscité une forte réprobation dans le monde.
Dénonçant la "répression brutale des courageuses voix iraniennes", le gouvernement canadien a annoncé lundi une nouvelle salve de sanctions contre des organisations et responsables iraniens accusés d'être complices du régime.
"Voler la vie de personnes qui manifestent pacifiquement est odieux", a réagi à Washington le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan, condamnant "la répression brutale du gouvernement iranien contre son propre peuple".
De son côté, le chef de la diplomatie britannique, James Cleverly, a annoncé avoir "convoqué" lundi le chargé d'affaires iranien pour condamner "dans les termes les plus fermes les exécutions odieuses dont nous avons été témoins ce week-end". "Le régime iranien doit mettre fin à sa campagne de répression brutale et commencer à écouter les préoccupations de son peuple".
Le Quai d'Orsay a annoncé pour sa part qu'il allait convoquer lundi le chargé d'affaires iranien à Paris "pour lui signifier" sa "plus ferme condamnation" des exécutions et de la répression actuelle en Iran.
La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a annoncé lundi avoir convoqué "de nouveau" l'ambassadeur iranien à Berlin pour protester contre ces exécutions, qui "ne resteront pas sans conséquence".
Le ministère norvégien des Affaires étrangères a aussi convoqué l'ambassadeur d'Iran à Oslo, disant "condamner fermement" ces actes.
Un haut diplomate de l'UE, Stefano Sannino, appelé pour sa part les autorités iraniennes à cesser "immédiatement d'imposer et exécuter des peines de mort contre des manifestants", appelant à "annuler sans délai les récentes condamnations à mort".
Le Danemark, la Belgique et les Pays-Bas avaient également annoncé convoquer les ambassadeurs d'Iran en réaction à la mort par pendaison des deux hommes, âgés de 22 et 39 ans selon des ONG. Une vague de réactions indignées avait également suivi.
Le pape François a appelé à l'abolition de la peine capitale en Iran et dans le reste du monde qui ne "fait qu'alimenter la soif de vengeance".
- "Trahison"-
Les nouvelles condamnations à mort portent à 17 le nombre de personnes condamnées à la peine capitale en lien avec la contestation en Iran, selon un décompte établi par l'AFP à partir d'annonces officielles.
Parmi elles, quatre ont été exécutées et deux ont vu leur peine confirmée par la Cour suprême. Les autres attendent de nouveaux procès ou peuvent faire appel.
Au moins 109 manifestants actuellement en détention font face à des accusations passibles de la peine de mort, a indiqué lundi le groupe Iran Human Rights (IHR), basé à Oslo.
Dans un tweet, le Haut-commissariat de l'ONU pour les droits de l'Homme a appelé Téhéran à cesser immédiatement "toutes les exécutions".
Selon Amnesty International, l'Iran est le pays qui exécute le plus de condamnés à mort hormis la Chine.
Pour le guide suprême d'Iran Ali Khamenei, "les institutions responsables traitent la trahison avec sérieux et de manière juste".
Détenue à Téhéran depuis fin septembre, la fille de l'ex-président Akbar Hachémi Rafsandjani, a été condamnée à cinq ans d'emprisonnement pour avoir incité des habitants à manifester dans le pays, a annoncé lundi à l'AFP son avocate.
En Iran, les manifestants brandissent comme principal slogan "Femme, vie, liberté" ainsi que d'autres mots d'ordre hostiles au régime.