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Au lendemain d'une première journée d'action réussie, les syndicats se projettent vers une nouvelle mobilisation contre la réforme des retraites, le mardi 31 janvier, avec l'espoir que les manifestations et les grèves feront reculer l'exécutif.
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"Cette réforme est inacceptable et va à l'encontre des intérêts de la population", ont redit les huit centrales syndicales jeudi soir devant la presse.
Pour elles, "le message est très clair: le gouvernement doit renoncer" au report de l'âge légal de départ à la retraite" de 62 à 64 ans et à "l'accélération" de l'allongement à 43 ans de la durée de cotisation.
Jeudi, des manifestants nombreux ont battu le pavé, très majoritairement dans le calme malgré quelques heurts, donnant le coup d'envoi de la contestation contre cette réforme décriée.
"Plus de deux millions" de personnes ont manifesté dans plus de 200 cortèges en France, dont environ 400.000 à Paris, a affirmé la CGT, tandis que le ministère de l'Intérieur a compté 1,12 million de manifestants, dont 80.000 dans la capitale.
Un niveau de mobilisation supérieur à celui du 5 décembre 2019: au démarrage de la contestation contre le précédent projet de réforme des retraites, la police avait compté 806.000 manifestants en France, la CGT 1,5 million.
Dans toute la France, des cortèges bien garnis ont affiché un "non" au recul de l'âge légal de départ, sur fond de large mécontentement social dans un contexte d'inflation.
"C'est une réforme complètement injuste et qui défavorise fortement les classes ouvrières", a par exemple dénoncé Damien Mathieu, 36 ans, salarié dans l'informatique à Toulouse.
- "Grève reconductible" -
Laurent Quéré, 42 ans, charpentier et couvreur, craint, lui, d'être "cassé" à 64 ans. "Déjà à 40 ans, on sent les douleurs du corps au quotidien", a-t-il expliqué, en défilant dans les rues de Brest.
La pétition lancée la semaine dernière par les huit syndicats contre une réforme des retraites jugée "injuste et brutale" a franchi jeudi le cap des 600.000 signatures.
Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, a admis que la mobilisation avait été "importante". La Première ministre Elisabeth Borne a salué les "bonnes conditions" dans lesquelles se sont déroulées les manifestations. "Continuons à débattre et à convaincre", a-t-elle plaidé sur Twitter.
De l'école aux transports, de nombreux secteurs ont été touchés jeudi.
De l'ordre de 45% des salariés de la SNCF et d'EDF étaient en grève. Si le nombre de grévistes était plus important qu'en 2019 chez EDF, dont les salariés risquent de perdre leur régime spécial de retraites, la mobilisation était moindre à la SNCF, où le sien est déjà fermé aux nouveaux entrants depuis 2020.
"Cette grève, c'est le carburant, le moteur de la mobilisation. Alors pourquoi pas (...) la grève reconductible ?", a lancé jeudi matin Fabien Villedieu, délégué Sud-Rail à gare de Lyon.
Côté raffineries, le mouvement a été suivi par 70 à 100% des salariés de TotalEnergies selon les sites. Les expéditions de carburants ont été bloquées, mais le travail devait reprendre vendredi matin, sauf décisions contraires lors d'éventuelles assemblées générales locales.
La direction d'EDF a, elle, comptabilisé 50% de grévistes jeudi sur son effectif total. Un chiffre en hausse par rapport à la première - et la plus suivie - des journées d'action contre le projet de système universel de retraite par points.
Les yeux sont désormais rivés sur certains secteurs stratégiques comme l'énergie et les transports et leur capacité à engager, par la grève reconductible, un bras de fer avec l'exécutif.