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Plusieurs centaines de manifestants, pour la plupart des boulangers, se sont rassemblés lundi à Paris pour demander des aides supplémentaires face à la hausse des prix de l'énergie, a constaté un journaliste de l'AFP.
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La confédération nationale de la boulangerie et boulangerie-pâtisserie n'avait pas appelé à manifester, satisfaite du dialogue en cours avec le gouvernement et des dispositifs en place, bien que ceux-ci soient encore peu connus des entreprises.
Mais plusieurs collectifs, dont le "Collectif pour la survie de la boulangerie et de l'artisanat", ont appelé à une marche vers le ministère de l'Economie. Des centaines de boulangers ont répondu présent, baguettes à la main.
Le bouclier tarifaire, qui limite la hausse des prix, est ouvert aux très petites entreprises (moins de 10 salariés et chiffre d'affaires annuel inférieur à 2 millions d'euros) dont le compteur électrique affiche une puissance de moins de 36kVA.
Les boulangers en sont de fait exclus, en raison de la consommation des fours.
Le collectif estime insuffisants les autres dispositifs d'aide mis en place par l'exécutif, comme l'amortisseur électricité, le guichet d'aide au paiement des factures de gaz et d'électricité, le report du paiement des impôts et des cotisations sociales ou encore la résiliation sans frais des contrats d'énergie les plus exorbitants.
"Notre facture a été multipliée par quatre, ce qui représente deux salaires, et on n'a vraiment pas envie de devoir licencier", témoigne Guillaume, boulanger en Gironde.
Mickael François, boulanger dans le Maine-et-Loire, est venu accompagné de son apprenti Bryan, 17 ans.
"J'ai déjà dû licencier mon unique employé et dans ces conditions-là, je ne peux pas prolonger mon apprenti (...) et je vais tout simplement devoir déposer le bilan", déclare, dépité, cet artisan.
Les boulangers ne sont pas les seuls à demander un élargissement des aides. La Confédération des PME les juge encore "insuffisants", peu vulgarisés et trop "segmentés" en fonction de la taille des entreprises.
Le gouvernement a pourtant multiplié les aides ces derniers mois et encore début janvier en limitant le prix de l'électricité à 280 euros le mégawattheure pour les très petites entreprises (TPE) en 2023.
La CPME a salué l'initiative du géant pétrolier TotalEnergies qui s'est engagé la semaine dernière à permettre aux PME de renégocier leur contrat pour parvenir à ce prix, invitant les autres fournisseurs à faire de même.
Les énergéticiens étaient par ailleurs reçus lundi après-midi à Bercy.
Pour faire face à la hausse des prix, des méthodes radicales sont de plus en plus envisagées par les entreprises, boulangers en tête.
A Marseille, la CGT-Energie a même évoqué la possibilité de procéder à une "manipulation sur le compteur" pour que les boulangers puissent bénéficier de fortes réductions sur leur facture.
"On a la capacité technique de le faire, sans mettre en danger les biens ni les personnes", a confié à l'AFP son secrétaire général Renaud Henry, sans donner plus de précisions sur la manière de procéder qui serait toutefois "complètement illégale".