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Les plus hauts responsables de l'Union européenne se sont réunis vendredi à Kiev pour afficher leur soutien au processus d'adhésion de l'Ukraine, au moment où les assauts russes redoublent d'intensité dans l'est du pays.
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Ce sommet, qui se tient près d'un an après le début de l'invasion de l'Ukraine par Moscou, rassemble notamment la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, celui du Conseil européen Charles Michel et le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
"Nous vous soutiendrons (...) à chaque étape de votre voyage vers l'UE", a promis sur Twitter M. Michel en arrivant vendredi dans la capitale ukrainienne, où des sirènes anti-aériennnes ont retenti dans la matinée, rappelant le risque permanent d'une nouvelle volée de missiles russes.
L'Ukraine est officiellement candidate à l'adhésion depuis juin 2022, un processus ardu nécessitant de nombreuses réformes qui pourrait prendre des années, mais que Kiev espère accélérer.
Le président Zelensky a ainsi estimé jeudi que son pays méritait de commencer dès "cette année" les pourparlers sur son entrée dans l'Union européenne.
"Chaque pas en direction d'une plus grande intégration de l'Ukraine à l'UE est une source d'inspiration pour notre peuple", a-t-il plaidé, appelant aussi à renforcer encore la pression internationale sur la Russie.
Elle a estimé que les mesures punitives prises depuis un an avaient déjà fait reculer l'économie russe d'"une génération", notant que le plafonnement du prix du pétrole russe exporté à 60 dollars le baril coûtait à Moscou 160 millions d'euros par jour.
- Offensive majeure redoutée -
Un embargo européen sur les produits pétroliers raffinés russes exportés par voie maritime doit d'ores et déjà entrer en vigueur dimanche, le Kremlin fustigeant vendredi une mesure "négative" qui va "déséquilibrer davantage" les marchés.
Kiev réclame par ailleurs l'utilisation d'avoirs russes gelés dans les pays occidentaux pour financer la reconstruction de l'Ukraine, une mesure âprement débattue qui poserait plusieurs problèmes d'ordre légal.
Dans l'autre camp, la Russie a annoncé vendredi avoir "nationalisé" quelque 500 biens et actifs appartenant notamment à des oligarques ukrainiens en Crimée, péninsule annexée en 2014 par Moscou.
Sur le terrain, les forces poursuivent leurs bombardements meurtriers.
A Kramatorsk, grande ville de l'est contrôlée par les forces de Kiev, les secouristes ont extirpé jeudi soir le corps d'une femme des décombres d'immeubles visés cette semaine par une frappe qui a tué quatre personnes.
Alors que le premier anniversaire de la guerre approche, Kiev redoute une nouvelle offensive massive de Moscou dès que les conditions météorologiques le permettront.
"La Russie est en train de concentrer ses forces, nous le savons tous. Elle veut se venger non seulement de l'Ukraine mais aussi de l'Europe libre", a estimé jeudi M. Zelensky.
Après une série d'humiliants revers à l'automne, le Kremlin a mobilisé des centaines de milliers de réservistes et a multiplié ses attaques terrestres, en particulier dans l'est.
Les forces russes ont remporté quelques succès sur le champ de bataille autour de Bakhmout, qu'elles tentent de conquérir depuis l'été.
- "De quoi répondre" -
Pour soutenir les forces ukrainiennes, les Occidentaux ont finalement accepté ces dernières semaines d'envoyer des chars lourds, des Leopard de conception allemande, des Abrams américains et des Challenger britanniques, après de longues tergiversations par crainte de provoquer une aggravation du conflit.
Mais Kiev n'a pas obtenu pour l'instant les missiles de haute précision d'une portée de plus de 100 km dont l'armée dit avoir besoin pour frapper les lignes logistiques russes, ni les avions de guerre qu'il réclame.
Les livraisons de chars promises ont en tout cas accentué la colère de Moscou qui présente à son opinion publique l'invasion de l'Ukraine comme une guerre visant à empêcher les Occidentaux de détruire la Russie.
Lors d'un événement commémorant jeudi le 80e anniversaire de la victoire des Soviétiques sur les Nazis à Stalingrad, le président russe Vladimir Poutine a ainsi établi un nouveau parallèle entre l'offensive en Ukraine et la Seconde Guerre mondiale.
"C'est incroyable mais des chars allemands Leopard nous menacent à nouveau", a lancé M. Poutine, qui s'exprimait de Volgograd (ex-Stalingrad, sud-ouest), avant d'ajouter: "Nous avons de quoi répondre et ça ne se limitera pas à des blindés".