Nutzen Sie La Quotidienne de Bruxelles mit personalisierter Werbung, Werbetracking, Nutzungsanalyse und externen Multimedia-Inhalten. Details zu Cookies und Verarbeitungszwecken sowie zu Ihrer jederzeitigen Widerrufsmöglichkeit finden Sie unten, im Cookie-Manager sowie in unserer Datenschutzerklärung.
Use La Quotidienne de Bruxelles with personalised advertising, ad tracking, usage analysis and external multimedia content. Details on cookies and processing purposes as well as your revocation option at any time can be found below, in the cookie manager as well as in our privacy policy.
Utilizar La Quotidienne de Bruxelles con publicidad personalizada, seguimiento de anuncios, análisis de uso y contenido multimedia externo. Los detalles sobre las cookies y los propósitos de procesamiento, así como su opción de revocación en cualquier momento, se pueden encontrar a continuación, en el gestor de cookies, así como en nuestra política de privacidad.
Utilisez le La Quotidienne de Bruxelles avec des publicités personnalisées, un suivi publicitaire, une analyse de l'utilisation et des contenus multimédias externes. Vous trouverez des détails sur les cookies et les objectifs de traitement ainsi que sur votre possibilité de révocation à tout moment ci-dessous, dans le gestionnaire de cookies ainsi que dans notre déclaration de protection des données.
Utilizzare La Quotidienne de Bruxelles con pubblicità personalizzata, tracciamento degli annunci, analisi dell'utilizzo e contenuti multimediali esterni. I dettagli sui cookie e sulle finalità di elaborazione, nonché la possibilità di revocarli in qualsiasi momento, sono riportati di seguito nel Cookie Manager e nella nostra Informativa sulla privacy.
Utilizar o La Quotidienne de Bruxelles com publicidade personalizada, rastreio de anúncios, análise de utilização e conteúdo multimédia externo. Detalhes sobre cookies e fins de processamento, bem como a sua opção de revogação em qualquer altura, podem ser encontrados abaixo, no Gestor de Cookies, bem como na nossa Política de Privacidade.
Célébré par Aristote, animal sacré pour Cléopâtre, étudié par Darwin, le ver de terre joue un rôle essentiel dans la santé des sols et de la biodiversité. Pourtant aujourd'hui il n'a plus vraiment la cote et voit sa survie menacée notamment par l'agriculture intensive.
Taille du texte:
Les gens "sont sensibles à la condition animale des chiens et des chats. À la rigueur à celle des éléphants, des dauphins et des loups, parce que ça leur rappelle vaguement un dessin animé". Mais le ver de terre, "comment pourraient-ils le connaître puisqu'ils vivent loin de la terre ?", s'interroge Christophe Gatineau dans son "Eloge du ver de terre 2", suite de son best-seller de 2018, à paraître le 10 avril.
"Il sont ingénieurs, digesteurs, nourrisseurs, laboureurs, rajeunisseurs" des sols et sont ainsi à la source du cycle de la nutrition, énumère l'ancien agronome de 61 ans.
Fils d'agriculteurs devenu écrivain, M. Gatineau cultive aujourd'hui pour le plaisir son potager en Haute-Vienne. Chaque jour, au bout de sa binette, il croise son animal préféré, sorti des profondeurs.
- "On a eu un contact " -
Mais, prévient-il, il y a vers de terre et vers de terre. En France, il en existe 150 espèces, dans le monde 6.000 à 7.000.
Parmi les lombrics communs, il faut distinguer en surface les épigés aussi appelés vers de compost, des endogés qui restent dans le sol, et plus en profondeur les anéciques.
"Les stars du sol, ce sont eux. A travers leurs galeries verticales, l'eau va pouvoir s'infiltrer, et donc ils ont un impact direct sur la porosité des sols. Ils participent aussi au recyclage des nutriments pour nourrir les plantes via leurs excréments", explique M. Gatineau.
Pour celui qui est "né au cul des vers de terre" dans la campagne vendéenne, le déclic est intervenu à l'occasion d'une rencontre un peu particulière.
"Je croise un matin un ver de terre, je remarque qu'il a un petit brin d'herbe dans la bouche. Et bêtement, je tire pour lui enlever. Et là, ça dure 1/100e de seconde, on a eu un contact: quand j'ai voulu lui prendre, en ayant un petit mouvement de recul, il m'a dit +non+. Moi, j'ai basculé et à partir de ce moment-là, je me suis mis à écrire sur les vers de terre et à défendre leur cause".
Depuis, Christophe Gatineau a endossé le rôle d'avocat des annélides. Blog, livres, lettres aux politiques, il ne ménage pas ses efforts.
- statut juridique -
Car l'heure est grave, souligne-t-il. "Quand j'étais plus jeune, il y avait de la vie dans les sols, dans l'eau, tout ça semblait éternel, établi. Et puis, un jour, il y a eu moins de vie et les vers de terre ont commencé à disparaître. En une génération, (...) toutes mes images d'enfance ont disparu".
En cause, selon lui, l'évolution des pratiques agricoles: "A partir du moment où des sols vont être labourés régulièrement, où la chimie va être employée, bien évidemment, ce n'est pas propice aux vers de terre".
"Il y a un empoisonnement à long terme et ils meurent de faim. Pour donner un ordre de grandeur, dans les sols (cultivés), il y a 50/60 ans, on estimait les populations à une tonne d'animaux vifs (par hectare), aujourd'hui, on est à 200 kg, parfois moins".
Le réchauffement climatique joue également car "pour que les vers de terre puissent se nourrir et vivre correctement, il leur faut un certain taux d'humidité dans l'air et dans le sol".
Premier pas pour redonner ses lettres de noblesse et de meilleures chances de survie à l'invertébré: la création d'un statut juridique, estime l'agronome.
"Le ver de terre n'existe pas au regard de la loi. (...) A partir du moment où la loi le reconnaîtra, on pourra peut-être faire évoluer les outils agricoles, évaluer les pesticides, etc. La base, c'est la reconnaissance. Sinon, vous n'existez pas".
Alors "je parle en leur nom, car personne ne le fait". "C'est parler au nom des sols en fin de compte", et donc de la vie, souligne M. Gatineau.