Nutzen Sie La Quotidienne de Bruxelles mit personalisierter Werbung, Werbetracking, Nutzungsanalyse und externen Multimedia-Inhalten. Details zu Cookies und Verarbeitungszwecken sowie zu Ihrer jederzeitigen Widerrufsmöglichkeit finden Sie unten, im Cookie-Manager sowie in unserer Datenschutzerklärung.
Use La Quotidienne de Bruxelles with personalised advertising, ad tracking, usage analysis and external multimedia content. Details on cookies and processing purposes as well as your revocation option at any time can be found below, in the cookie manager as well as in our privacy policy.
Utilizar La Quotidienne de Bruxelles con publicidad personalizada, seguimiento de anuncios, análisis de uso y contenido multimedia externo. Los detalles sobre las cookies y los propósitos de procesamiento, así como su opción de revocación en cualquier momento, se pueden encontrar a continuación, en el gestor de cookies, así como en nuestra política de privacidad.
Utilisez le La Quotidienne de Bruxelles avec des publicités personnalisées, un suivi publicitaire, une analyse de l'utilisation et des contenus multimédias externes. Vous trouverez des détails sur les cookies et les objectifs de traitement ainsi que sur votre possibilité de révocation à tout moment ci-dessous, dans le gestionnaire de cookies ainsi que dans notre déclaration de protection des données.
Utilizzare La Quotidienne de Bruxelles con pubblicità personalizzata, tracciamento degli annunci, analisi dell'utilizzo e contenuti multimediali esterni. I dettagli sui cookie e sulle finalità di elaborazione, nonché la possibilità di revocarli in qualsiasi momento, sono riportati di seguito nel Cookie Manager e nella nostra Informativa sulla privacy.
Utilizar o La Quotidienne de Bruxelles com publicidade personalizada, rastreio de anúncios, análise de utilização e conteúdo multimédia externo. Detalhes sobre cookies e fins de processamento, bem como a sua opção de revogação em qualquer altura, podem ser encontrados abaixo, no Gestor de Cookies, bem como na nossa Política de Privacidade.
A la Colle-sur-Loup près de Nice, le thermomètre grimpe à 40 degrés les après-midi d'été. Mais Michel Daniel est sûr que ses maisons préfabriquées en panneaux de bois remplis d'un béton de terre, une première, se passeront de climatisation.
Taille du texte:
Faites de bois, de terre et d'un peu de béton, les trois maisons, en cours de construction, tentent de conjurer les effets du réchauffement autour de la Méditerranée avec des matériaux du passé, la science du bâtiment du présent, et des techniques numériques d'avenir.
"Ce qui est important, c'est la science de la terre qu'on a développée" dit M. Daniel, directeur aménagement durable du groupe de matériaux Saint-Gobain.
Sur le chantier, un panneau de bois de 2,5 mètres sur un mètre est lentement hissé par une grue au premier étage d'une des trois maisons.
Emboité, ajusté, le panneau est fixé comme un jeu de construction géant. La maison, conçue numériquement, est bâtie en quelques jours, au lieu de plusieurs semaines sur un chantier classique.
- Détournement -
Dans cette ville en zone climatique H3, la plus chaude de France qui court sur tout le pourtour méditerranéen, l'utilisation de terre dans les murs a un triple objectif: recycler un déchet naturel en luttant contre la pénurie d'autres ressources -le sable devient difficile à trouver-, lutter contre les effets du réchauffement climatique, et réduire les émissions de CO2 du bâtiment, explique M. Daniel.
"Dans ce projet, on diminue légèrement les émissions de CO2, le plus important c'est le détournement de la matière première primaire", précise-t-il.
Ici, les secousses sismiques sont fréquentes. Le béton armé, mal aimé des climatologues en raison des émissions de CO2 massives du ciment classique, reste requis pour les fondations du bâtiment.
Depuis l'extérieur, la terre, on ne la voit pas. Elle est enchâssée dans les panneaux fabriqués sur mesure dans l'Isère chez un charpentier, au pied du massif de la Grande Chartreuse.
Le béton de terre est composé de terre d'excavation, de copeaux de bois, d'eau et d'un liant formulé dans une filiale de Saint-Gobain, issu du recyclage: un "laitier" de sidérurgie, soit un déchet des hauts fourneaux qui produisent l'acier. Son bilan carbone est meilleur que celui du ciment classique.
- Colombage 4.0 -
"C'est comme un colombage, technique déjà utilisée au Moyen-Age, qui marie le bois et la terre, mais en version 4.0", résume M. Daniel.
Le toit posé, les maisons seront classiquement isolées contre le froid par une couche de laine de verre. Puis recouvertes d'un enduit. Elles ressembleront à tous les pavillons provençaux de ce coin de Côte d'Azur.
En Ile-de-France, 15 millions de tonnes de terres d'excavation sont disponibles chaque année. En Provence-Alpes-Côte-d'Azur, 14 millions, selon Saint-Gobain.
Pour partie, elle sont réutilisées sur des soubassements routiers. Mais 2 millions de tonnes au moins s'accumulent dans des terrils chaque année, sans utilisation. L'aménageur Euromediterranée a sollicité Saint-Gobain pour les recycler.
Le projet a suscité l'ironie des puristes de la construction en terre crue.
Pour Paul-Emmanuel Loiret, architecte et président de Cycle Terre, l'initiative relève du greenwashing. Ce spécialiste de la terre crue bardé de lauriers n'a plus d'agence. Il a arrêté de construire par conviction écologique.
"Dans les nouveaux bétons inventés à droite et à gauche, que ce soit des bétons au laitier de haut fourneau ou avec d'autres types d'adjuvants, à la chimie variée, on est toujours en fait dans le culte de la performance. On baisse le carbone par rapport à du béton de ciment conventionnel, mais on a toujours beaucoup de carbone embarqué", dit-il à l'AFP. Il conteste surtout "l'industrialisation et la massification" sous-tendues par ces projets.
Car ces trois maisons servent de démonstrateurs, et le groupe prévoit d'autres projets de grande taille. En particulier à Marseille, où Saint-Gobain espère que ses préfabriqués permettront de massifier les travaux de rénovation lourde nécessaires sur des milliers de bâtiments.