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Il ne fait pas si froid mais les bourgeons sont déjà là: du Var à la Bourgogne, les agriculteurs vivent une semaine de tous les dangers avec des risques de gelées blanches qui pourraient détruire les futures récoltes.
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"On se prépare pour la nuit prochaine. On annonce des gelées blanches avec des températures de -1 à -2°C. Fin avril, ce n'est pas anormal comme température mais par contre cela peut faire des ravages sur les cultures", a déclaré à l'AFP Françoise Koch, présidente de la Fédération nationale des producteurs de fruits.
"La plupart des vignes ont débourré (libéré leurs bourgeons), c'est pareil pour le kiwi, les abricotiers ou les pommiers: sur ces fruits en formation, il suffit d'une gelée un peu forte et on perd tout", a expliqué cette productrice de pommes, prunes et raisins dans le Tarn-et-Garonne.
Elle estime qu'aucune région n'est à l'abri, des vallées encaissées du sud de la France au nord-est en passant par le Puy-de-Dôme ou la Bourgogne.
"Il y a déjà eu quelques pertes chez des viticulteurs dans le Var, le Vaucluse et certaines zones de l'Hérault. On sera très vigilants dans les prochains jours", a indiqué à l'AFP Jérôme Despey, premier vice-président du syndicat agricole majoritaire FNSEA.
"On lutte contre ce risque en utilisant des éoliennes pour brasser de l'air et réduire l'humidité, en installant des bougies dans les vignobles ou en utilisant l'irrigation, en pratiquant l'aspersion", qui permet d'asperger des vignes ou arbres fruitiers pour enrober d'un igloo de glace les bourgeons pour les protéger de températures inférieures à 0°C, rappelle M. Despey, lui-même viticulteur dans l'Hérault.
"Partout où ils existent, ces dispositifs sont activés, mais on estime que moins de 20% des surfaces peuvent être protégées à l'échelle nationale. Donc oui, on redoute des pertes", explique-t-il.
D'ordinaire, les agriculteurs s'estiment hors de danger après "les saints de glace", autour du 10-12 mai. Avec des hivers de plus en plus doux, ils craignent surtout des coups de gel sur des bourgeons de plus en plus précoces.
En 2021, les températures avaient brutalement chuté jusqu'à -5 ou -6°C, et le gel avait détruit 40% de la production d'abricots et ravagé des vignobles entiers, coûtant plus de 400 millions d'euros à l'Etat.