Nutzen Sie La Quotidienne de Bruxelles mit personalisierter Werbung, Werbetracking, Nutzungsanalyse und externen Multimedia-Inhalten. Details zu Cookies und Verarbeitungszwecken sowie zu Ihrer jederzeitigen Widerrufsmöglichkeit finden Sie unten, im Cookie-Manager sowie in unserer Datenschutzerklärung.
Use La Quotidienne de Bruxelles with personalised advertising, ad tracking, usage analysis and external multimedia content. Details on cookies and processing purposes as well as your revocation option at any time can be found below, in the cookie manager as well as in our privacy policy.
Utilizar La Quotidienne de Bruxelles con publicidad personalizada, seguimiento de anuncios, análisis de uso y contenido multimedia externo. Los detalles sobre las cookies y los propósitos de procesamiento, así como su opción de revocación en cualquier momento, se pueden encontrar a continuación, en el gestor de cookies, así como en nuestra política de privacidad.
Utilisez le La Quotidienne de Bruxelles avec des publicités personnalisées, un suivi publicitaire, une analyse de l'utilisation et des contenus multimédias externes. Vous trouverez des détails sur les cookies et les objectifs de traitement ainsi que sur votre possibilité de révocation à tout moment ci-dessous, dans le gestionnaire de cookies ainsi que dans notre déclaration de protection des données.
Utilizzare La Quotidienne de Bruxelles con pubblicità personalizzata, tracciamento degli annunci, analisi dell'utilizzo e contenuti multimediali esterni. I dettagli sui cookie e sulle finalità di elaborazione, nonché la possibilità di revocarli in qualsiasi momento, sono riportati di seguito nel Cookie Manager e nella nostra Informativa sulla privacy.
Utilizar o La Quotidienne de Bruxelles com publicidade personalizada, rastreio de anúncios, análise de utilização e conteúdo multimédia externo. Detalhes sobre cookies e fins de processamento, bem como a sua opção de revogação em qualquer altura, podem ser encontrados abaixo, no Gestor de Cookies, bem como na nossa Política de Privacidade.
Courbé devant le four incandescent, Ghulam Sakhi Saifi travaille délicatement la matière bleue en fusion: il est l'un des derniers artisans de l'ancestrale tradition du verre soufflé en Afghanistan.
Taille du texte:
"Ceci est notre art, notre héritage. Cela nous permet de manger depuis longtemps", dit l'artisan, mains calleuses et jointures des doigts brûlées.
"Nous essayons de faire en sorte que cela ne tombe pas dans l'oubli", dit Saifi, qui pense avoir environ 50 ans.
La tradition du verre soufflé à Hérat, la grande ville de l'ouest de l'Afghanistan, remonterait à des siècles. Saifi dit que c'est la spécialité de sa famille depuis "seulement" quelque 300 ans.
L'atelier est en torchis, recouvert d'un toit qui a une grande ouverture, à l'ombre de la citadelle d'Hérat.
Saifi ne met plus son four en ville en marche qu'une fois par mois. Une fois qu'il a payé le bois, les oxydes de coloration et autres matières premières, il ne retire qu'environ 27 euros de ses tasses, assiettes et bougeoirs.
Il explique l'effondrement de son activité par la désertion des clients étrangers durant l'épidémie de Covid-19, puis la reconquête du pouvoir par les talibans en 2021 qui a fait fuir quasiment tous les diplomates et personnels des ONG.
Les importations de verre soufflé bon marché de Chine ont aussi pesé.
"Cela nous est arrivé de ne pas travailler pendant trois mois", dit-il.
"Les gens du coin n'ont pas l'utilité de nos créations, et pour le prix -- près de trois euros la pièce -- ils penseraient d'abord à acheter deux pains pour leurs enfants", dit Saifi.
- Quel avenir ? -
Mais ce jour-là, le four marche. Armé d'un grossier couteau de cuisine et d'une canne à souffler, Saifi retire de la fournaise des morceaux de verre brillant en fusion et les souffle jusqu'à en former de belles pièces.
Alors qu'autrefois ils utilisaient du verre de quartz, aujourd'hui les souffleurs de verre se servent de bouteilles recyclées, brisées et surchauffées qui retrouvent un état liquide.
Les pièces vertes et bleues, avec leurs charmantes imperfections, refroidissent avant d'être vendues dans des boutiques de Hérat ou de Kaboul.
Dehors il fait 36 degrés, mais dès qu'on entre dans l'atelier, on se sent saisi par la fièvre brûlante transmise par le four.
Une petite armada de garçons aide Saifi dans son travail, mais il est de plus en plus difficile d'attirer la jeunesse vers cet artisanat qu'elle considère comme sans avenir.
Son fils aîné était devenu un expert, mais a préféré être un travailleur migrant de l'autre côté de la frontière iranienne. Deux cousins qui avaient aussi été formés ont laissé tomber les outils.
Son fils cadet, Naqibullah, 18 ans, assure qu'il veut continuer cet artisanat, mais sans expliquer comment.
Avant le retour des Talibans, la demande était assez forte pour trois jours de travail par semaine. Ce n'est plus le cas, et le jeune homme alterne le travail avec son père les rares jours où le four rougeoie.
"Nous espérons qu'il y a un avenir et que peu à peu les choses vont s'améliorer", dit Naqibullah.
"Même si on ne gagne pas grand chose, le métier doit continuer. On ne peut pas laisser ce savoir-faire disparaître".