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Coupés du monde par la guerre, les Palestiniens de Gaza attendent avec impatience la réouverture imminente du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte, seule porte de sortie du territoire sans passer par Israël.
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"C'est comme si s'ouvrait une porte vers la vie", confie Mahmoud al-Natour, 48 ans, originaire de la ville de Gaza, "empêché de voyager" et qui n'a pas vu sa famille depuis le début du conflit entre le Hamas palestinien et Israël en octobre 2023.
"Mes enfants grandissent loin de moi, et les années passent comme si nous étions coupés du monde", insiste-t-il auprès de l'AFP.
Pour Randa Samih, ce passage constitue la "bouée de sauvetage de Gaza", même si elle craint que sa blessure au dos ne soit pas suffisamment sérieuse pour obtenir un précieux sésame de sortie.
"Il y a des dizaines de milliers de blessures à Gaza, la plupart plus graves que la mienne", dit cette quadragénaire. "Nous mourrons ou notre santé se détériorera avant que nous puissions voyager".
- Réservé aux piétons -
Le passage frontalier sera dans un premier temps "réservé aux piétons et soumis à un mécanisme d'inspection israélien complet", a précisé le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Sa réouverture, réclamée de longue date par les Nations Unies et les ONG, fait partie du plan de trêve pour Gaza annoncé par le président américain Donald Trump en octobre.
La situation s'est débloquée avec le rapatriement lundi en Israël du corps de Ran Gvili, dernier otage israélien à Gaza.
"Le poste-frontière de Rafah pourrait être ouvert dans les deux sens d'ici la fin de cette semaine ou le début de la semaine prochaine", estime un responsable palestinien s'exprimant sous couvert d'anonymat.
Le comité palestinien récemment formé pour administrer temporairement la bande de Gaza sera chargé d'envoyer les listes de noms des voyageurs aux autorités israéliennes pour approbation, précise l'un de ses membres à l'AFP.
Dans un premier temps, les sorties seront limitées aux malades, aux blessés, aux étudiants admis à l'université et titulaires d'un visa, ainsi qu'aux personnes de nationalité égyptienne ou d'autres nationalités et titulaires d'un permis de séjour, selon cette même source.
- Etudier en Turquie -
"Mes rêves se trouvent au-delà du passage de Rafah", raconte à l'AFP Gharam al-Jamla, Palestinienne de 18 ans vivant sous une tente dans le sud de Gaza.
"J'ai postulé à plusieurs bourses pour étudier le journalisme en anglais dans des universités en Turquie. J'ai reçu une première réponse positive de deux universités là-bas", ajoute-t-elle, promettant de revenir un jour "pour porter la voix de Gaza".
Mohammed Khaled, 18 ans, veut juste tourner la page de la guerre et "brûle d'impatience" de revoir les siens. "Je n'ai pas vu ma mère et mes sœurs depuis deux ans", dit-il.
Il espère aussi voyager pour soigner une blessure causée par un éclat d'obus.
L'armée israélienne avait pris le contrôle du poste-frontière côté palestinien en mai 2024, arguant qu'il était "utilisé à des fins terroristes".
La Défense civile de Gaza - organisme de premiers secours qui fonctionne sous l'autorité du mouvement islamiste palestinien Hamas - a réclamé lundi la réouverture totale de Rafah afin de permettre l'entrée sans restriction de l'aide et du matériel nécessaires à la reconstruction.
"Des milliers de corps, dont ceux d'enfants, de femmes et de personnes handicapées, gisent sous les décombres", a plaidé son porte-parole Mahmoud Bassal.