La Réunion: prison ferme requise contre un homme d'affaires et un chef d'entreprise jugés pour corruption / Photo: Damien MEYER, - - AFP/Archives
Jusqu'à six ans de prison ferme ont été requis mercredi contre un homme d'affaires et un important chef d'entreprise de La Réunion, tous deux poursuivis dans une affaire impliquant fausses factures, marchés publics truqués et blanchiment d'argent.
La procureure de la République Véronique Denizot a requis six ans de prison ferme, 375.000 euros d'amende et 15 ans d'interdiction d'exercer une profession commerciale contre David Vital, homme d'affaires de 52 ans.
Elle a également réclamé trois ans de prison, dont un an ferme, 200.000 euros d'amende et cinq ans d'interdiction de gérer une entreprise contre François Caillé, 73 ans, patron du groupe du même nom et ancien président du Medef de La Réunion.
"Les infractions (reprochées) ont beaucoup de conséquences. La répression est essentielle pour la cohésion sociale", a estimé Mme Denizot lors de ses réquisitions.
Cinq autres prévenus, dont l'ex-directeur général de la compagnie Air Austral, figuraient sur les bancs des prévenus. Des peines allant de 12 à 24 mois de prison avec sursis et des amendes de 10.000 à 100.000 euros ont été requises à leur encontre.
Le groupe Caillé regroupe des concessions automobiles et des enseignes de grande distribution alimentaire.
Selon l'accusation, des informations confidentielles auraient fuité lors d'appels d'offres lancés par la mairie de Saint-Paul, deuxième ville de La Réunion. Un employé communal aurait transmis ces données contre des promesses de rétribution avec l'objectif de favoriser le groupe Caillé dans l'obtention de marchés publics de vente de véhicules.
À la barre, François Caillé a admis avoir utilisé un système de fausses factures d'un montant global de 156.000 euros pour payer David Vital. "On m'a dit que mon groupe était mauvais dans (les réponses) aux appels d'offres. J'ai passé un accord avec Vital pour qu'il me renseigne sur mes adversaires", a-t-il expliqué.
Assurant n'avoir payé que David Vital, il a ajouté avoir mis fin à ces paiements en septembre 2023, "avec une dernière fausse facture qui est (...) un solde de tout compte".
Les avocats de la défense ont tous plaidé la relaxe de leurs clients au motif qu'il n'existait pas "d'intention infractionnelle". David Vital a lui fait valoir son droit au silence tout au long de l'audience, en l'absence de son avocat parisien.
Le délibéré sera rendu le 10 avril.
E.Celis--LCdB