Wall Street clôture en baisse, mise à mal par le pétrole et l'emploi américain / Photo: TIMOTHY A. CLARY - AFP
La Bourse de New York a terminé dans le rouge vendredi, plombée par la hausse continue des prix du pétrole avec la guerre au Moyen-Orient, à laquelle s'ajoute un rapport sur l'emploi américain moins bon qu'attendu.
Le Dow Jones a reculé de 0,95%, l'indice Nasdaq a perdu 1,59% et l'indice élargi S&P s'est replié de 1,33%.
"Les prix de l'énergie suscitent de plus en plus d'inquiétudes", commente auprès de l'AFP Tim Urbanowicz, d'Innovator Capital Management.
Les cours du pétrole se sont envolés de près de 30% cette semaine, atteignant des niveaux plus vus depuis 2023, le conflit au Moyen-Orient paralysant une grande partie des flux d'hydrocarbures en provenance du Golfe.
Les investisseurs craignent qu'une hausse durable des cours de l'énergie se répercute largement sur les prix payés à la caisse par les ménages.
Selon le site de suivi officiel AAA, les prix moyens de l'essence aux États-Unis ont augmenté d'environ 11% au cours de la semaine dernière.
"Le marché ne se portera pas bien si cette situation perdure", note M. Urbanowicz. "Cela va exercer une forte pression, qui pourrait même avoir un effet récessionniste."
Pour le moment, les frappes se poursuivent dans la région. Et Donald Trump a promis vendredi de poursuivre la guerre jusqu'à la "capitulation sans conditions" de l'Iran.
En parallèle, "un rapport désastreux sur l'emploi non agricole" est venu d'autant plus plomber les cours, remarque Jose Torres, d'Interactive Brokers.
Selon des données officielles publiées vendredi, les Etats-Unis ont détruit 92.000 emplois en février, à rebours des attentes.
Le chômage a lui grimpé à 4,4%. Les investisseurs l'attendaient inchangé, à 4,3%.
"Cela crée une situation complexe" pour la banque centrale américaine (Fed), estime Gina Bolvin, de Bolvin Wealth Management Group.
"Un marché du travail plus faible plaide en faveur d'une éventuelle baisse des taux", explique-t-elle. "Mais l'institution monétaire "aura besoin de preuves plus claires d'un ralentissement de l'inflation avant de prendre cette décision."
Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts de l'Etat américain à 10 ans évoluait autour de 4,13% vers 21H10 GMT, contre 4,14% la veille en clôture et 3,94% vendredi dernier, avant le début de la guerre au Moyen-Orient.
Au tableau des valeurs, le titre de Boeing a bondi (+4,06% à 231,07 dollars) après des informations de l'agence Bloomberg selon lesquelles l'avionneur serait sur le point de conclure une commande avec la Chine d'environ 500 avions 737 Max et une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777).
Selon Bloomberg, cette commande pourrait être annoncée lors de la rencontre prévue entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping. Contacté par l'AFP, Boeing n'a pas souhaité commenter.
BlackRock, le plus gros gestionnaire d'actifs au monde, a perdu 7,30% à 954,15 dollars après avoir plafonné les retraits d'un de ses principaux fonds privé du fait d'une hausse des demandes.
Cela ravive les inquiétudes autour du secteur du crédit privé, qui pâtit notamment de craintes sur sa capacité de liquidité: Blue Owl a cédé 0,87%, Apollo a reculé de 0,80% et Blackstone de 4,47%.
Le groupe de prêt-à-porter Gap a chuté (-14,43% à 23,27 dollars) après avoir publié un bénéfice net par action de 45 cents lors des trois derniers mois de 2025, contre 46 cents attendus. Son chiffre d'affaires est toutefois ressorti conforme aux anticipations.
A.Louis--LCdB