Allemagne: début d'année solide et confiance en hausse, mais la guerre en Iran pèse / Photo: Tobias SCHWARZ - AFP
L'Allemagne, première économie européenne, a connu une croissance robuste de l'activité en début d'année, mais les effets négatifs de la guerre en Iran devraient peser sur le trimestre en cours, même si patrons et consommateurs semblent un peu plus confiants.
Entre janvier et mars, le Produit intérieur brut (PIB) a avancé de 0,3%, indique vendredi l'institut de statistique Destatis dans un communiqué, confirmant une première estimation de fin avril.
L'Allemagne a ainsi, pour une fois, soutenu la croissance de la zone euro, dont le PIB n'a augmenté que de 0,1% sur la même période par rapport au trimestre précédent, selon Eurostat, tandis que celui de la France a stagné.
"Après la légère croissance enregistrée fin 2025, l'économie allemande a également commencé l'année 2026 de manière positive", commente Ruth Brand, présidente de Destatis, dans un communiqué.
Les exportations en hausse ont "soutenu l'activité économique", ajoute-t-elle.
L'industrie manufacturière, qui connaît une crise profonde, a rebondi de 0,7% sur le trimestre, portée notamment par le secteur automobile et les matériels de transport, selon l'institut statistique.
Les dépenses publiques ont également augmenté, tandis que la consommation des ménages privés n'a pas décollé, dans un climat d'incertitude élevé.
"La composition de la croissance, combinée aux conséquences évidentes de la guerre au Moyen-Orient, à la nouvelle incertitude et à la hausse des prix de l'énergie, ne plaide pas en faveur des perspectives à court terme", commente Carsten Brzeski, économiste chez ING.
- "Situation fragile" -
Deux indicateurs publiés vendredi semblent pourtant apporter un léger vent d'optimisme.
Le moral des entrepreneurs allemands s'est légèrement repris en mai pour la première fois depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déjouant les attentes d'analystes sondés par Factset, notamment parce que les perspectives à court terme se sont améliorées, selon le baromètre IFO publié vendredi.
Les carnets de commandes des entreprises restent élevés, ce qui "constituerait une bonne base pour une reprise si, par exemple, les prix de l'énergie baissaient ou si le climat général s'améliorait", commente Jens-Oliver Niklasch, chez LBBW.
Cela n'est pas encore le cas, et si l'économie allemande "se stabilise pour l'instant", "la situation reste fragile", prévient Clemens Fuest, président de l'IFO.
Par ailleurs, le moral des consommateurs devrait s'améliorer en juin, après des mois de recul, signe que l'envie d'acheter revient, selon le baromètre GfK publié vendredi.
Les effets du conflit au Moyen-Orient continuent toutefois de "peser sur la tendance générale et restent visibles dans le moral des consommateurs", nuance Rolf Bürkl, expert au GfK, dans un communiqué.
Jeudi, la Banque fédérale d'Allemagne a dit s'attendre à une stagnation de l'économie allemande lors du trimestre en cours, tandis que la Commission européenne a divisé par deux sa prévision de croissance allemande pour l'année, à 0,6%, retombant peu ou prou au niveau attendu par Berlin (0,5%).
Au plus bas dans l'opinion après un an d'exercice, le gouvernement du chancelier Friedrich Merz a promis d'accélérer sur des réformes structurelles, y compris impopulaires, pour soutenir l'économie atone depuis trois ans.
O.Seuren--LCdB