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L'immense émotion suscitée par la mort de la jeune Lyhanna continue d'alimenter une crise politique majeure pour l'exécutif qui a cherché mardi à proposer des solutions pour apaiser la colère des familles et oppositions qui dénoncent les dysfonctionnements mais aussi le manque de moyens endémique de la justice.
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Les "moyens qu'on accorde à la justice et à leur efficacité, oui, monsieur le président, c'est le vrai cœur du problème", a tancé l'avocat des parents de Lyhanna, François Roujou de Boubée lors d'une déclaration à la presse à Fleurance (Gers) où il a directement interpellé Emmanuel Macron.
L'avocat qui reproche au chef de l'Etat de ne vouloir "entendre aucun argument de moyens dans cette affaire" a également épinglé l'annonce du ministre de la Justice Gérald Darmanin d'une étude en urgence de 70.000 plaintes impliquant des enfants d'ici le 14 juillet.
Au lendemain de rassemblements qui ont réuni quelque 60.000 personnes partout en France, l'émotion ne retombe pas dans le pays à l'image d'une nouvelle marche blanche organisée à Saint-Jean d’Angély (Charente-Maritime), où quelques centaines de personnes se sont rassemblées mardi en fin d'après-midi, à l’appel des grands-parents de Lyhanna.
- "un échec" -
Emmanuel Macron, en marge d'un discours mardi soir à l'Elysée, a tenu à avoir "une pensée pour les familles touchées par les drames, les horreurs" quand le N.1 de la Gendarmerie nationale, Hubert Bonneau a reconnu "un échec" au 20h00 de TF1.
A l'issue d'une réunion de crise avec plusieurs ministres, le chef du gouvernement Sébastien Lecornu a proposé de renforcer les peines pour les violeurs en série sur mineurs, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de 20 ans actuellement.
Concernant les crimes contre les enfants, les actes d’enquête devront être effectués "dans un délai maximal de trois mois", a également proposé le Premier ministre.
Quatre mesures seront au final intégrées "dans dix jours" dans le projet de loi sur la protection des enfants, déjà présenté en conseil des ministres et qui sera examiné par le Parlement le 15 juillet.
Le Premier ministre a également promis d'avancer sur un autre texte d'origine parlementaire, visant à traiter de manière globale ("intégrale") les violences sexistes et sexuelles, soutenu par la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet.
- Une pression politique -
Mardi après-midi, le gouvernement a pu mesurer l'intense pression politique provoquée par l'affaire Lyhanna au cours d'une séance de questions au gouvernement quasimment exclusivement consacrée à ce drame et marquée par la gravité des prises de parole.
M. Lecornu y a redit sa "confiance" dans "l'ensemble des métiers de justice" après que le Conseil supérieur de la magistrature a déploré le "discrédit jeté sur des milliers de magistrats", répondant aux critiques sur le traitement de l'affaire.
Dans une motion votée lundi, les personnels judiciaires du tribunal d'Auch (Gers) ont dénoncé une "vindicte populaire" encouragée par "un discours politique décomplexé" émanant de "personnalités politiques placées au plus haut niveau de responsabilité".
Des propos qui visent en filigrane le Garde de Sceaux, Gérard Darmanin qui se démultiplie dans les médias pour éteindre l'incendie mais a exclu de démissioner.
Il a été entendu au Sénat dans la matinée, avec son collègue de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Celui-ci a aussi demandé aux policiers et gendarmes que les affaires de violences sexuelles sur mineurs deviennent prioritaires.
L'avocat de la mère d'une enfant ayant dénoncé des viols répétés de Jérôme B, sans qu'il soit convoqué, a annoncé qu'il allait porter plainte contre l'Etat pour "faute lourde", le Garde des Sceaux, les procureurs de Toulouse et Auch, les enquêteurs de la gendarmerie, pour "mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en danger".
Lors d'une conférence de presse, Pierre Debuisson a dénoncé "l'hypocrisie" et "les discours d'hommes politiques qui essaient de sauver leur peau".
A ses côtés, retenant ses larmes, sa cliente a dit son incompréhension. "Si je n'avais pas déménagé, cela aurait pu être ma fille", à la place de Lyhanna, a-t-elle ajouté.
Elle avait déposé une plainte en août 2025. C'est en apprenant que Jérôme B. était le principal suspect dans la disparition de Lyhanna qu'elle a alerté les médias.