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La délégation iranienne, qui participait depuis dimanche en Suisse à des pourparlers avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, a repris lundi le chemin de Téhéran, laissant la place à des "discussions techniques".
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Après la signature d'un protocole d'accord la semaine dernière et un démarrage dans le chaos, ces négociations doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un document final.
Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le complexe hôtelier du Bürgenstock, dans les Alpes suisses, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna.
Le ministère suisse des Affaires étrangères a annoncé la "reprise immédiate" des consultations, cette fois au niveau technique.
Les Etats-Unis, dont la délégation est emmenée par le vice-président JD Vance, ne se sont pas exprimés dans l'immédiat.
Ce départ intervient après que Téhéran et Washington se sont entendus sur des mécanismes visant à faire cesser les affrontements au Liban et à sécuriser le stratégique détroit d'Ormuz, deux des enjeurs majeurs du conflit qui a embrasé la région et fait vaciller l'économie mondiale.
Les deux parties ont accompli "des progrès encourageants", ont assuré les médiateurs pakistanais et qatari, un terme repris par le ministre iranien.
"Les exportations de pétrole et de produits pétrochimiques ne sont plus restreintes, (...) certains avoirs gelés sont débloqués, et un plan de reconstruction et de développement majeur de l'Iran a été lancé", a salué Abbas Araghchi, énumérant des points du texte signé le 17 juin par Washington et Téhéran.
- "Cellule" libanaise -
Sur le front libanais, que Téhéran a insisté pour associer aux discussions, une "cellule de gestion des conflits" va être mise en place pour faire cesser les combats entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, un dossier qui pèse sur les négociations au point d'avoir provoqué leur report temporaire vendredi.
Ce sera "le premier test réel", a estimé le chef de la diplomatie iranienne, alors que le président libanais Joseph Aoun disait avoir reçu un appel de JD Vance concernant cette cellule.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a toutefois prévenu que son armée resterait dans le sud du Liban "aussi longtemps que nécessaire".
Le Liban connaît depuis dimanche une accalmie après un regain de violences meurtrières les jours précédents. En représailles, le pouvoir iranien avait annoncé samedi verrouiller de nouveau le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures.
Les marchés semblaient lundi rassurés par l'annonce de cette "feuille de route". Monté à plus de 126 dollars pendant la guerre, au plus haut depuis quatre ans, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, est fortement retombé, évoluant à moins de 80 dollars lundi.
- Coup d'éclat iranien -
Mais les analystes restent prudents au lendemain de nouvelles menaces de Donald Trump, enjoignant Téhéran d'empêcher ses alliés au Liban, en référence au Hezbollah, de "causer des problèmes", sans quoi les Etats-Unis reprendraient leurs frappes.
L'avertissement du président américain "a d'emblée exclu tout scénario d'apaisement immédiat", a commenté Stephen Innes, de SPI Asset Management, pronostiquant des "embûches" sur la voie d'un accord final.
Après le message du milliardaire dimanche, la délégation iranienne avait quitté la table, les pourparlers se poursuivant par l'intermédiaire des médiateurs.
Signe du climat de défiance, avant même le début de la rencontre, elle avait selon la télévision d'Etat refusé de poser pour une photographie avec l'équipe américaine qui, outre JD Vance, comprend l'émissaire Steve Witkoff et le gendre de M. Trump, Jared Kushner.
"Ils feraient mieux de peser leurs mots; nos forces armées sont prêtes à leur répondre autrement", a averti l'influent négociateur en chef de Téhéran, M. Ghalibaf.
Les différends portent également sur le programme nucléaire de la République islamique, qui empoisonne les relations bilatérales depuis des décennies. Selon la diplomatie iranienne, la question a été "très brièvement" abordée, les détails étant renvoyés à plus tard.