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Une difficile "guerre" contre le feu: 10.000 habitants sont en cours d'évacuation face à la propagation rapide de l'incendie qui a parcouru environ 2.000 hectares dans les Pyrénées-Orientales et contraint, dimanche, le préfet à annoncer "l'adaptation" de l'étape du Tour de France lundi dans ce département, avec une épreuve sans public.
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Les résidents du massif des Aspres, très difficile d'accès et auquel le brasier s'est désormais étendu, et ceux de la ville voisine d'Ille-sur-Têt, sur laquelle s'élèvent des panaches de fumée et que survolent avions et hélicoptères bombardiers d'eau, doivent désormais évacuer, soit un total d'environ 10.500 personnes.
Ce "feu gigantesque", attisé par le vent, les fortes chaleurs mais surtout une sécheresse de l'air "exceptionnellement élevée", a également sérieusement blessé un habitant et un sapeur-pompier, a indiqué le préfet Pierre Regnault de la Mothe.
Le camion d'un équipage venu en renfort depuis Couiza, dans le département voisin de l'Aude, s'est trouvé "pris par les flammes", a indiqué le SDIS 11, les pompiers du département. Ils ont pu quitter le véhicule mais l'un d'eux a été "légèrement blessé aux membres supérieurs".
Un autre soldat du feu a été touché dans le Gard, a annoncé dimanche soir le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
"Nous avions fixé un objectif, que le feu ne devait pas franchir au sud la route départementale 66, nous voulions éviter qu'il se propage dans le massif des Aspres, et ce que nous redoutions a fini par se produire", a déploré le préfet lors d'une conférence de presse en fin de journée.
Ce massif de moyenne montagne à l'ouest de Perpignan est "très aride et très difficile d'accès pour les moyens terrestres des sapeurs-pompiers", a-t-il ajouté.
- "Lutte acharnée" -
Hélicoptères, avions dash et canadairs se succèdent au-dessus des flammes qui dévorent la végétation entre Trévillach et Ille-sur-Têt, à quelque 35 km à l'ouest de Perpignan.
Quelque 700 sapeurs-pompiers, appuyés par 200 véhicules et neuf moyens aériens, "mènent une lutte acharnée" contre ce feu qui s'est déclaré samedi soir sur la commune de Trévillach, a souligné le préfet. Il a appelé les entreprises ayant des sapeurs-pompiers volontaires parmi leurs salariés à "faire le nécessaire" pour leur permettre de se libérer et venir aider.
M. Regnault de la Mothe a comparé ce feu à celui de 1976, année d'une grande canicule, qui avait ravagé quelque 7.000 hectares.
Face à cette "situation très difficile", il a annoncé que la troisième étape du Tour de France, reliant Granollers en Espagne aux Angles dans les Pyrénées-Orientales, aura bien lieu lundi, mais devra se dérouler "sans public" dans sa partie française, notamment à l'arrivée, en raison de la mobilisation des secours.
"Le feu est passé à 300 mètres des maisons. On a été surpris par la vitesse de propagation, c'était impressionnant, limite la panique", confie Patrice, 53 ans, habitant de Trévillach qui n'a pas souhaité donner son patronyme.
Ce brusque départ de feu est intervenu alors que le département, comme 15 autres dans l'Hexagone, sera lundi en vigilance orange canicule avec des températures qui pourraient monter à certains endroits jusqu'à 40°C et ce, quelques jours après un premier épisode caniculaire historique.
- A9 fermée -
Un autre incendie dans les Pyrénées-Orientales avait entraîné jeudi l'évacuation de 3.000 personnes à Canet-en-Roussillon et Sainte-Marie-la-Mer, avant d'être fixé par les pompiers vendredi.
De l'autre côté de la frontière espagnole toute proche, un incendie qui s'est déclaré vendredi près de la touristique Costa Brava a brûlé plus de 2.000 hectares, mais était stabilisé dimanche.
Dans le nord du Portugal, un important feu de forêt brûle depuis trois jours et a ravagé au moins 13.000 hectares de végétation.
Ailleurs en France, les pompiers luttent depuis la mi-journée dans le Gard contre un feu de forêt qui s'est déclenché près d'un circuit de karting à Lédenon. L'incendie a déjà parcouru 540 hectares et l'autoroute A9 a été coupée dans les deux sens dans les directions de Lyon et de Barcelone.
Dans la Drôme, plus de 300 pompiers luttent contre un incendie dans une zone inhabitée, qui a parcouru 540 hectares depuis trois jours dans un secteur très escarpé et difficilement accessible.
Même si 90% des départs de feu sont d'origine humaine, selon les pompiers, leur développement est favorisé par la multiplication des vagues de chaleur et de sécheresse sous l'effet du changement climatique.
Laurent Nuñez s'est ainsi dit vendredi "très inquiet" que la saison des feux ait commencé dans le pays avec "un mois d'avance".