Le troisième épisode de chaleur de l'année atteint son pic dimanche en France, provoquant l'arrêt de trois réacteurs nucléaires, et une vigilance rouge pour plus d'un tiers des habitants, avant un début de semaine toujours très chaud.
Météo-France a placé 37 départements en vigilance maximale canicule dimanche, dans un triangle dont les extrémités sont dans le Tarn au sud, le Val-d'Oise au nord et le Morbihan à l'ouest. Lundi, cette vigilance sera maintenue dans ces mêmes départements jusque 22H00 puis réduite pour une partie d'entre eux.
D'après un calcul de l'AFP à partir des données de population annuelles de l'Insee, cela concerne quelque 26 millions de Français, dont toute la région Île-de-France.
L'institut météorologique national prévoyait pour dimanche des maximales "comprises entre 37°C et 41°C" dans ces départements.
Le mercure est très haut également là où la vigilance est orange, avec 38°C à 41°C dans le sud-ouest, entre autres. "Seuls les départements des côtes de Manche et des Hauts-de-France et une partie du Grand Est restent en dessous des 35 degrés", précise Météo-France.
L'une des conséquences est l'arrêt ou la réduction de puissance de réacteurs nucléaires, dont les circuits de refroidissement rejettent de l'eau chaude dans les fleuves ou la mer.
En raison des normes environnementales, trois réacteurs sont à l'arrêt dimanche, n°2 à Golfech (Tarn-et-Garonne), en bord de Garonne, n°3 au Bugey (Ain), en bord de Rhône, et n°2 à Chooz (Ardennes), en bord de Meuse. Sept autres connaissent des "adaptations de puissance", à la baisse.
Le Tour de France est affecté par ces chaleurs éprouvantes. L'étape de dimanche s'est élancée de Malemort vers Ussel, deux villes d'un département où le thermomètre atteint 40°C, la Corrèze. Les organisateurs ont supprimé 30 km de parcours, pour garder 155,5 km.
Un peu plus au sud-ouest, en Dordogne, en Gironde et dans le Lot-et-Garonne, Enedis travaillait pour rendre le courant à environ 5.000 foyers privés d'électricité, selon son comptage de samedi soir, après des orages la nuit précédente. Ce devrait être entièrement fait dans la soirée.
- Bordeaux : 26°C à 05H00 -
La nuit a été une nouvelle fois peu reposante dans de nombreuses régions. Météo-France a relevé à 05H00 des températures de 26°C à Bordeaux, 25°C à Angoulême, Lorient, Rennes et au Mans, 24°C à Toulouse, Nantes et Tours, 23°C à Paris. Celle de dimanche à lundi s'annonce tout aussi difficile.
Le début de semaine, avec la Fête nationale mardi, ne devrait pas encore donner de répit, malgré des températures "généralement en baisse".
Le préfet de police de Paris a fait annuler les très populaires bals des pompiers traditionnellement organisés dans les casernes les 13 et 14 juillet, de même que des événements sportifs.
Dans le Morbihan, une rave-party illégale a rassemblé ce week-end 1500 personnes. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a expliqué dimanche sur BFMTV que les forces de l'ordre n'interviendraient pas. "Ce sera des tirs de mortier contre les forces de l'ordre, c'est toujours comme ça avec les rave-party", a-t-il dit. "On créerait un trouble plus grand que celui qu'on veut contenir puisque les tirs de mortier pourraient déclencher des incendies", a-t-il ajouté.
Les fortes chaleurs s'accompagnent d'un risque élevé d'incendies, qui concerne tout le territoire.
M. Nuñez a fait état sur BFMTV dimanche de "déjà 17.000 hectares brûlés" dans les forêts françaises. D'après lui, "quand on aura consolidé le bilan des feux en cours, on pense qu'on sera à 25.000 hectares brûlés", soit "deux fois plus par rapport à la même période" de 2025.
Autre conséquence: des morts par noyade, 139 depuis le 19 juin. Par rapport à 2025, "l'augmentation est de plus de 18%", a déploré M. Nuñez.
La France a été durement éprouvée depuis fin mai par la répétition des épisodes de forte chaleur, qui ont provoqué une surmortalité, et montré l'inadaptation de nombreuses infrastructures à des étés différents de ceux du siècle précédent.
Cette vague de chaleur est la deuxième de l'année selon la définition de Météo-France, après celle de fin juin et début juillet. Fin mai, un épisode de chaleur inédit pour un printemps avait aussi marqué les esprits.
Leur fréquence croissante est un marqueur sans équivoque du changement climatique. Principalement causé par la combustion d'énergies fossiles partout dans le monde, le réchauffement continu de l'atmosphère terrestre a de lourdes conséquences sur les humains et l'ensemble des écosystèmes.
X.Thijs--LCdB