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Cinq cents pompiers sur le terrain, des moyens aériens inédits en région parisienne: la forêt de Fontainebleau est en proie lundi à un incendie hors norme, qui pourrait avoir "une origine volontaire", selon le ministre de l'Intérieur.
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"Il y a eu une dizaine de points de départ de feu dans un périmètre de 1.000 mètres, ce qui laisse supposer que cela pourrait être une origine volontaire", a indiqué à la presse Laurent Nuñez lors d'un déplacement à Noisy-sur-Ecole (Seine-et-Marne), à proximité des lieux de l'incendie.
La procureure de la République de Fontainebleau a été saisie, a-t-il précisé.
Ce sinistre, qui s'est déclaré dimanche après-midi et dont l'ampleur a rapidement été qualifiée d'"exceptionnelle" par les autorités, a nécessité l'engagement d'avions bombardiers d'eau, une première en Île-de-France.
Deux Canadair ont écopé dans la Seine lundi matin avant de larguer des tonnes d'eau sur la forêt en feu. La veille déjà, deux Dash avaient été utilisés pour répandre au sol du produit retardant. Et ce sans compter le recours, plus classique, à des hélicoptères bombardiers d'eau.
"Sans les avions, les villages de Noisy-sur-École et du Vaudoué auraient été évacués, ça c'est une certitude", a déclaré dans la nuit le colonel Olivier Compta, qui dirige les secours.
- "Jamais vu ça" -
Le nombre d'hectares parcourus est amené à augmenter, selon un responsable du service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de la Seine-et-Marne.
"Huit cents hectares, ça va se voir de haut... On va pleurer notre forêt", soupirait dans la nuit le premier adjoint au maire du Vaudoué, Didier Buguinet, qui n'a "jamais vu ça".
Le ministre de l'Intérieur a toutefois dit avoir "bon espoir" que le feu soit "fixé" dans "la journée". Mais "le traitement du feu prendra probablement "plusieurs jours, plusieurs semaines", a-t-il prévenu.
La Seine-et-Marne fait face depuis le déclenchement de la vigilance rouge canicule samedi à plusieurs incendies d'ampleur, dont trois sont des feux de chaume, qui ont couvert près de 400 hectares au total avant d'être maîtrisés.
Les sinistres ont entraîné dimanche l'interruption de la circulation sur une portion de l'autoroute A6, tout comme elle l'avait été plus à l'est sur l'A5.
Ils ont aussi provoqué des retards de plusieurs heures sur les TGV au départ ou à l'arrivée de la gare de Lyon, en raison notamment de dommages sur des câbles. La circulation ferroviaire a repris à une vitesse normale sur la ligne à grande vitesse lundi matin, selon SNCF Réseau.
Dès dimanche, un panache de fumée flottant sur la forêt était visible à 20 km de distance, tandis que des camions de sapeurs-pompiers se rendaient sur le sinistre par les petites routes forestières. Ils ont reçu le renfort d'agriculteurs qui arrimaient des citernes d'eau à l'arrière de leurs tracteurs.
- 900 personnes évacuées -
Selon le ministre de l'Intérieur, environ 900 personnes avaient été évacuées lundi matin, essentiellement des personnes vivant en lisière de forêt.
Aucune habitation n'a cependant été touchée et aucun blessé n'est à déplorer, s'est réjoui Laurent Nuñez.
Les fortes chaleurs, qui étouffent l'Île-de-France et une bonne partie du pays depuis plusieurs jours, accroissent considérablement le risque de départs de feux, attisés aussi par la sécheresse des sols.
Partout dans le pays, les secours ont dû lutter contre les flammes: Pyrénées-Orientales, Drôme, Lot, Lot-et-Garonne, Savoie, mais aussi des secteurs plus septentrionaux, comme l'Indre, la Loire-Atlantique, les Côtes-d'Armor et le Maine-et-Loire. Démonstration qu'aucune région n'est à l'abri de ces incendies estivaux, favorisés par les épisodes de canicule de plus en plus fréquents.
Selon Laurent Nuñez, 32.000 hectares ont été "parcourus" par le feu depuis le début de l'année en France, soit plus que durant "toute la saison 2025" des incendies.
Les autorités ont prévenu que les responsables de tels sinistres, volontairement ou par imprudence, feraient l'objet de poursuites pénales.
Elles ne laisseront "rien passer", a martelé samedi le ministre, qui a indiqué lundi que 44 personnes avaient été placées en garde à vue depuis le début de l'été.