Vingt-six millions de Français sont toujours concernés par la vigilance rouge à la canicule, avant une décrue mardi, qui ne sera pour autant pas synonyme de fin de ce troisième coup de chaud sur la France en moins de deux mois, espérée pas avant jeudi.
Dans le Morbihan, la Loire-Atlantique, la Vendée, l'Ille-et-Vilaine, la Mayenne, le Maine-et-Loire, les Deux-Sèvres, la Vienne, la Haute-Vienne, la Creuse et l'Orne, l'alerte rouge sera rétrogradée en orange ce soir à 22h00, indique le prévisionniste Météo-France dans son bulletin de 16h.
Le nombre de départements en rouge doit être de 26 mardi, pour 58 en orange.
En attendant, trente-sept départements restent actuellement en alerte maximale. D'après un calcul de l'AFP à partir des données de population annuelles de l'Insee, cela concerne quelque 26 millions de Français, dont toute la région Île-de-France. Par ailleurs, 39 sont en orange.
"Les températures maximales dans l'ouest du pays ont commencé à baisser et les températures les plus hautes, de l'ordre de 38 à 40 aujourd'hui, concernent le centre et la Bourgogne", a affirmé lundi Virginie Schwarz, à la tête de Météo-France, au cours d'un point presse au centre de gestion interministérielle des crises du ministère de l'Intérieur.
Mardi, la canicule va se poursuivre au centre du pays "avec des températures de 36 à 38 degrés" et s'étendre dans "la vallée du Rhône et le Midi toulousain dans lesquels on atteint des températures de 38 à 40", a ajouté Virginie Schwarz.
"La sortie du rouge de la totalité des départements qui sont encore en rouge sur la carte de demain est prévue mercredi matin à 6h", a-t-elle précisé.
"La fin de cet épisode n'est pas attendue avant jeudi à l'échelle du pays, voire plus tard sur les régions méditerranéennes", indique Météo-France.
- Réacteurs à l'arrêt -
Ce troisième épisode d'intenses chaleurs, après celui de la fin mai et celui de la fin juin, a eu d'importants effets sur les infrastructures, à l'instar de l'arrêt de production de trois réacteurs dimanche, à Golfech (sud-ouest), au Bugey (sud-est) et à Chooz (nord-est) à la frontière belge, des arrêts toujours en vigueur lundi après-midi.
Sept autres connaissent des "adaptations de puissance", à la baisse.
Un incendie au bord de la voie ferrée près de Sens dans l'Yonne perturbait de nouveau lundi après-midi le trafic ferroviaire des lignes à grande vitesse de l'axe Paris-Lyon, le plus fréquenté de France, a indiqué SNCF Réseau à l'AFP.
Le trafic ferroviaire a été fortement perturbé sur ce même axe sud-est Paris-Lyon depuis dimanche, en raison également de violents incendies en Seine-et-Marne, qui ont endommagé des câbles et bloqué la circulation des trains.
"Nous avons oublié que nous dépendons de la nature qui nous entoure", a écrit sur le réseau LinkedIn Maud Caillaux, cofondatrice de l'entreprise Green-Got, spécialisée dans la décarbonation du système bancaire, dont le train est resté bloqué jusqu'à 3h00 du matin en raison d'un feu de forêt sur la voie.
- 32.000 hectares -
Cette troisième période de fortes chaleurs s'est cette fois accompagnée de puissants incendies dont le premier bilan donne déjà le vertige: quelque 32.000 hectares ont été "parcourus" par le feu depuis le début de l'année en France, soit plus que durant "toute la saison 2025" des incendies, a affirmé lundi le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.
Partout dans le pays, les secours ont dû lutter contre les flammes: Pyrénées-Orientales, Drôme, Lot, Lot-et-Garonne, Savoie, mais aussi des secteurs plus septentrionaux, comme l'Indre, la Loire-Atlantique, les Côtes-d'Armor et le Maine-et-Loire.
Ces incendies sont arrivés jusqu'en région parisienne, la forêt de Fontainebleau étant en proie à un incendie hors norme qui a brûlé près de 1.000 hectares et pourrait avoir "une origine volontaire", a aussi dit le ministre. Un nouveau départ de feu a eu lieu dans le secteur de la Faisanderie, non loin de la ville de Fontainebleau, a indiqué à la presse le préfet de Seine-et-Marne dans l'après-midi.
Les fortes chaleurs, qui étouffent l'Île-de-France et une bonne partie du pays depuis plusieurs jours, accroissent considérablement le risque de départs de feux, attisés aussi par la sécheresse des sols.
Celle-ci s'étend avec 98 départements concernés par une mise sous surveillance pouvant faire l'objet de restrictions à l'usage de l'eau, indique lundi le site gouvernemental VigiEau, soit un record depuis au moins 2013.
"Chaque geste compte en termes de restriction des usages", a affirmé Damien Lamotte, adjoint de la directrice de l'Eau et de la Biodiversité, au cours du point presse place Beauvau, citant l'arrosage plutôt en soirée qu'en journée et les douches plutôt que les bains, afin d'éviter d'avoir à subir des restrictions imposées.
N.Moens--LCdB