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Emmanuel Macron a réuni lundi matin le Conseil des ministres pour sa dernière rentrée à l'Elysée, alertant sur des "tensions sur les finances publiques" qui se sont "accentuées", à la veille d'un débat budgétaire plus compliqué que jamais avec la présidentielle en toile de fond.
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"Le président a évoqué, je cite, les tensions sur les marchés obligataires qui se sont accentuées pendant l'été et la tension sur les finances publiques qui, elle aussi, par voie de conséquence, s'est accentuée ces dernières semaines", a rapporté la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon devant la presse.
Elle-même a estimé que ce contexte nécessiterait "beaucoup de rigueur" dans l'élaboration du budget, qui sera à ses yeux "un grand moment de vérité" à l'orée de la présidentielle du printemps prochain, étrillant ceux "qui ont d'ores et déjà annoncé la censure avant même d'avoir regardé" le texte du gouvernement.
L'Insoumis Jean-Luc Mélenchon, lancé dans une quatrième candidature à l'Elysée, a promis dès dimanche la censure au gouvernement de Sébastien Lecornu sur un projet de loi de finances qu'il prédit perclus de "coupes rases" au regard du déficit, en théorie prévu à 5% du PIB cette année.
Le Premier ministre a mis en garde samedi les parlementaires contre la tentation d'attendre le scrutin pour adopter le budget, ce qui serait "le choix du désordre", et a promis de prendre "le temps qu'il faut pour le compromis".
Sébastien Lecornu tiendra "un séminaire gouvernemental lundi prochain pour évoquer notamment la question budgétaire", a détaillé Maud Bregeon à l'issue du Conseil des ministres.
Le séminaire sera aussi l'occasion de revenir sur la série d'attaques informatiques qui ont visé cet été la France, sur lesquelles un Conseil de défense se tiendra aussi "d'ici à la mi-septembre", selon la porte-parole.
- Gouvernement "à l'avant-poste" -
Emmanuel Macron a demandé à cet égard "au gouvernement d'établir l'ensemble des responsabilités" pour "y voir clair" et "continuer à agir", en insistant "sur le fait que cette mission et cette vigilance devaient être au cœur de l'ensemble des administrations".
Les "conséquences", notamment agricoles, des "feux historiques" de l'été ont aussi été au cour du propos du chef de l'Etat à ses ministres lors de cette réunion, après la pause qu'il s'est accordé, comme de coutume, au fort de Brégançon dans le Var. Il faudra y "répondre dans la durée", a rapporté Maud Bregeon.
Le président a plus globalement "demandé au gouvernement d'être à l'avant-poste pour défendre (son) bilan et (les) décisions prises pour préparer et protéger le pays", sur l'emploi, l'économie ou "l'adaptation au changement climatique", après les canicules à répétition des derniers mois. "On a entendu beaucoup de contre-vérités durant l'été, alors que les budgets ont été massivement augmentés", a déploré Mme Bregeon.
Emmanuel Macron, qui ne peut se représenter en avril, avait laissé transpirer une pointe de nostalgie lors de son traditionnel discours commémorant le débarquement de Provence, il y a une semaine à Bormes-les-Mimosas : "neuf ans, c'est au fond une époque", avait-il lancé au maire de la commune varoise, ajoutant "vous allez me manquer".
Lundi, dans le huis clos élyséen, il s'en est tenu à sa ligne de conduite de ne pas s'immiscer dans la campagne pour choisir son successeur.
Le chef de l'Etat a ainsi appelé Sébastien Lecornu à travailler à une nouvelle rédaction robuste d'un texte pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans après la censure du Conseil constitutionnel, même si l'autre mesure phare, l'interdiction des téléphones portables dans les lycées, "pourra être effective dès la rentrée", a assuré Maud Bregeon.
Pour autant, Emmanuel Macron "pense que les forces républicaines modérées ont vocation à se rassembler" face à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, a rapporté un de ses proches.