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Le trafic aérien reste perturbé mercredi au Royaume-Uni au lendemain d'une grave panne technique ayant affecté l'organisme chargé du contrôle aérien, avec plus de 2.000 vols supprimés, dernier épisode d'une série d'incidents similaires ces dernières années.
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Selon le spécialiste des données aériennes Cirium, 1.746 vols ont été supprimés mardi à cause de l'incident. Quelque 327 autres ont été annulés mercredi à la mi-journée, la majorité à l'aéroport londonien d'Heathrow. Soit un total de 2.073 annulations.
"Nous sommes restés assis dans l'avion un peu plus de cinq heures. Ensuite, vers 18h30, tous les avions de l'aéroport ont débarqué en même temps. Et ça s'est transformé en une scène gigantesque et chaotique", raconte Matt Ernster, 28 ans, qui doit retourner à Boston après un voyage de noces à Paris, avec une correspondance à Heathrow.
"Les escalators sont tombés en panne. Tout le monde était coincé dans une queue immense de milliers de personnes rien que pour monter jusqu'aux contrôles de douane. Et là, la douane, c'était encore une heure, deux heures d'attente", poursuit-il.
Dans l'incapacité de trouver un hôtel mardi soir, ce passager a décidé vers minuit de dormir dans l'aéroport "à côté des ascenseurs menant à la porte d'embarquement".
La panne est survenue mardi en début d'après-midi, selon l'organisme de contrôle aérien NATS, qui a affirmé mardi vers 19H30 locales (18H30 GMT) avoir "résolu" le dysfonctionnement.
Mais s'en remettre "prendra du temps", en raison du retard accumulé dans les vols, a reconnu l'entreprise, qui fournit ses services à 15 aéroports, dont Heathrow, le premier d'Europe en nombre de passagers en 2025, mais aussi Londres Gatwick, Manchester ou Birmingham.
- Confiance du gouvernement -
Le directeur exécutif de NATS (National Air Traffic Services) depuis 2015, Martin Rolfe, a exclu sur la radio BBC 4 "qu'il s'agisse d'une cyberattaque" et promis "une enquête très, très approfondie".
La ministre des Transports Heidi Alexander l'a rencontré mercredi pour lui faire part "de vives préoccupations concernant l'ampleur des perturbations", lui donnant une semaine pour rendre les conclusions de son enquête, a indiqué le porte-parole du gouvernement.
Le fleuron britannique British Airways a fait état mercredi sur X de "dizaines de milliers" de clients perturbés depuis mardi.
"Nos équipes ont travaillé toute la nuit pour établir un nouveau programme de vols", mais "nous n'avons d'autre choix que d'annuler plus de 190 vols" mercredi, a-t-elle indiqué.
Selon Neal McMahon, directeur des opérations de Ryanair, la compagnie à bas coût a elle annulé 250 vols au total, pour un coût qui va "se chiffrer en millions".
"NATS nous a dit qu'il s'agissait d'une panne du système de traitement des plans de vol, ce qui est exactement le même problème que celui survenu en 2023", a-t-il regretté sur Times Radio.
- "Pire expérience" -
En 2023, le Royaume-Uni avait connu sa pire panne de systèmes de contrôle aérien depuis des années. Plus de 700.000 passagers avaient été affectés par les retards ou annulations d'environ 2.000 vols en plein retour d'un long week-end.
En juillet 2025, une autre panne avait à nouveau entraîné l'annulation de nombreux vols et suscité la colère des dirigeants du secteur.
NATS (National Air Traffic Services) fonctionne depuis 2001 sous le modèle d'un partenariat public-privé. L'Etat britannique détient 49% du capital de la société, ainsi qu'une "action en or" lui permettant d'intervenir dans les décisions stratégiques, le reste étant détenu principalement par un consortium de compagnies aériennes.
A l'aéroport d'Heathrow, de nombreux passagers attendaient encore dans la matinée de pouvoir embarquer, certains dormant à même le sol entourés de leurs bagages.
"Je suis monté (dans l'avion) à 15H45. Et ils ont dit que ça allait prendre un peu de temps avant le décollage, parce qu'ils avaient des problèmes au sol... et nous sommes restés là jusqu'à 23H00", raconte à l'AFP Bill Wright, mécanicien retraité de 74 ans, qui retourne aux États-Unis après avoir visité les Pays-Bas pour le mariage de sa petite-fille.
"Cette expérience est l'une des pires que j'aie jamais eues", tranche-t-il.