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Traînant une carcasse d'avion repeinte aux couleurs rouge et jaune de la Sécurité civile, symbole d'un système en fin de vie selon eux, des centaines de pompiers déambulent dans Paris pour protester contre le "manque de moyens".
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Partis en début d'après-midi des abords du ministère de l'Économie à Bercy, ils sont nombreux à défiler ce lundi en uniforme complet, avec la veste de feu, venus de plusieurs départements, sous le bruit des pétards et des klaxons.
Les fumigènes bleus et rouges et les drapeaux de différents syndicats représentant les 44.000 pompiers professionnels colorent le cortège, qui avance par à-coups. En tête, le faux Canadair est régulièrement bloqué par le mobilier urbain.
Un squelette en guise de pilote, un bouquet funéraire sur le nez de l'avion. Il s'agit d'un "Canadair low cost", illustration d'une Sécurité civile française "au rabais", résume Ludovic Goblet, du Spasdis-CFTC.
Puis se sont ajoutés des inondations, d'autres mégafeux: "Ça devient criant, on doit adapter la Sécurité civile aux changements climatiques", dit-il encore, alors qu'un projet de loi doit être présenté prochainement.
- "Révolte" -
"Pompiers à bout de souffle" ou encore "En grève, révolte": de grosses lettres blanches sont peintes sur les polos noirs. "Pompiers en colère, y en a marre de la galère", scandent certains dans les mégaphones. "On veut des moyens !", "on en a marre !", répondent d'autres voix en écho.
Arrivés aux abords de Notre-Dame, le ton change et laisse place au recueillement. Ils sont environ 90 à entrer sur le parvis de la cathédrale restaurée après l'incendie de 2019, sous les applaudissements des touristes surpris par la manifestation.
Après un hommage aux sapeurs-pompiers décédés ou blessés dans les incendies de l'été en Gironde, la gerbe de fleurs qui orne le nez de l'avion est déposée au pied de la cathédrale, puis une minute de silence est observée.
Le cortège reprend son cours, non sans difficulté quand il faut démonter les ailes de l'avion afin de passer dans les rues les plus étroites de Paris. "La population avec nous !", crachent les micros.
Le long du parcours, les passants saluent et remercient les pompiers mobilisés.
Les neuf organisations syndicales représentatives des pompiers professionnels ont déposé des préavis de grève début septembre, qui courent jusqu'au 20 octobre – date de l'examen du projet de loi de finances – pour tenter de faire pression sur le gouvernement.
Après les pires incendies depuis des décennies en France cet été, cumulés à des vagues caniculaires successives et leur lot de secours à la personne, elles réclament la création de 21.000 postes de pompiers professionnels.
Les soldats du feu demandent également de meilleures protections pour leur santé, ainsi qu'un recentrage de leurs missions.
La polémique a enflé tout l'été sur un manque d'anticipation des risques d'incendies de forêt en raison du changement climatique, ainsi que sur l'insuffisance de moyens matériels et financiers, avec notamment la question de la commande de Canadair supplémentaires ou celle de l'installation d'une base aérienne à Mont-de-Marsan, dans les Landes. Le gouvernement a toujours assuré que les moyens étaient "suffisants".