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Prison pour tous, ou presque : à quelques années près, l'accusation et les parties civiles se sont rejointes, au procès de la mort en 2020 de Diego Maradona pour estimer que les négligences de l'équipe médicale à ses derniers jours de vie méritaient la détention, jusqu'à 16 ans.
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Les réquisitions, puis les plaidoiries des parties civiles ont dégagé depuis une semaine parmi les accusés un trio de professionnels de santé plus influent, plus décisionnaire que d'autres, en un mot plus responsables de l'incurie autour du footballeur de légende.
À l’époque médecin de confiance de Maradona, le neurochirurgien Leopoldo Luque, 44 ans, la coordinatrice médicale Nancy Forlini, 57 ans, et la psychiatre Agustina Cosachov, 41 ans, ont vu les peines les plus lourdes requises contre eux.
Douze, dix et huit ans respectivement, avait requis le procureur Patricio Ferrari jeudi. Quinze ans (pour Luque), 12 (Forlini) et dix (Cosachov) a réclamé mercredi Fernando Burlando, avocat des filles aînées de Maradona Dalma et Gianinna, de loin le plus véhément pour ce qu'il a qualifié "d'assassinat". Avant lui mardi, Mario Baudry, avocat de Dieguito, fils cadet de la star, avait demandé jusqu'à 16 ans contre Luque.
"Ils ont ignoré des signaux, des symptômes qui inquiéteraient n'importe quel être humain. Ils n’ont absolument rien fait à d'innombrables reprises. L’indifférence a été brutale", a-t-il poursuivi. "Une ronde mortifère".
Maradona est décédé à 60 ans, le 25 novembre 2020, d'une crise cardio-respiratoire couplée à un œdème pulmonaire. Il a été retrouvé mort sur son lit d'une résidence de Tigre (nord de Buenos Aires) louée pour sa convalescence, après une neurochirurgie bénigne.
Depuis mi-avril, sept professionnels de santé sont jugés à San Isidro, près de Buenos Aires, pour de potentielles négligences fatales lors de cette hospitalisation de deux semaines à domicile.
Un seul des sept accusés a trouvé grâce aux yeux de l'accusation comme des parties civiles : le médecin Pedro di Spagna, qui n'avait eu accès à Maradona qu'une fois lors de sa convalescence fatale. Tous ont demandé sa relaxe.
- "Prison déguisée en soins" -
Un autre, par contre, a divisé: le psychologue-addictologue Carlos Diaz, qui avait aidé à sevrer Maradona de l'alcool. L'accusation avait requis cinq ans contre lui, mais l'avocat de Dieguito a demandé 12 ans, quand celui d'une fille de Maradona, Jana, sollicitait sa relaxe, provoquant l'ire de ses sœurs Dalma et Gianinna.
Les accusés étaient jugés pour homicide avec dol éventuel, c'est-à-dire des négligences commises en sachant qu'elles peuvent entraîner la mort. Un chef finalement retenu par l'accusation contre le seul trio Luque-Forlini-Cosachov.
Contre les autres, elle a retenu la qualification moindre d'homicide involontaire, requérant ainsi quatre ans contre le coordinateur infirmier Mariano Perroni et l'infirmier Ricardo Almiron.
Avant Me Burlando, Pablo Jurado, avocat de Rita, Claudia et Ana, trois des sœurs de Maradona, avait estimé, à propos des trois principaux accusés, que "Maradona est mort à cause de ce qu'ils n'ont pas fait".
"Ce n'est pas l'histoire d'une mort subite, mais la chronique d'une mort annoncée, prévisible et évitable", a-t-il lancé, chargeant en particulier la coordinatrice médicale Forlini.
Elle "devait organiser l'hospitalisation à domicile, et a omis de le faire", n'a "pas vérifié les conditions du logement", "pas fourni l'appareillage médical", a "provoqué une déconnexion entre tous les professionnels", a-t-il énuméré notamment.
Une question pourtant, est restée en suspens, jamais réellement explorée en six mois de procès : le pourquoi, la genèse de ce que le procureur a qualifié d'"organisation chaotique" médicale, de "structure quasi anarchique" autour du "patient le plus célèbre du monde", finalement laissé en "situation d'abandon".
Me Burlando a brièvement évoqué un "intérêt économique", à avoir maintenu Maradona hospitalisé à domicile - une "prison à domicile déguisée en soins médicaux" - plutôt qu'en centre de soins comme l'avaient souhaité des experts. Mais là non plus, il n'a pas élaboré.
Après les parties civiles suivront la semaine prochaine les plaidoiries de la défense. Puis le verdict devrait être mis en délibéré à une date ultérieure.