Bolivie : première visite d'Etat d'un président chilien en 71 ans / Photo: AIZAR RALDES - AFP
Le président chilien d'extrême droite José Antonio Kast a effectué vendredi en Bolivie une première visite d'Etat dans le pays andin depuis 71 ans, au cours de laquelle il a rencontré son homologue de centre droit Rodrigo Paz.
"Aujourd'hui, nous cessons de nous tourner le dos", a déclaré M. Kast dans un bref discours après la signature de plusieurs accords au Palais présidentiel. Les deux pays rechercheront "la normalisation complète" de leurs relations malgré des désaccords diplomatiques historiques, a-t-il ajouté.
Le dirigeant chilien a invité son homologue bolivien à visiter son pays au cours du premier trimestre de l’année prochaine.
La Bolivie et le Chili n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1978, après que la Bolivie a échoué à négocier un accès à l'océan Pacifique. Le pays avait perdu son littoral au profit du Chili lors d'une guerre au 19e siècle.
Rodrigo Paz, pour sa part, a affirmé que la Bolivie poursuivrait ses revendications pour obtenir une sortie souveraine sur l'océan Pacifique, qui "constitue un objectif permanent et inaliénable". Mais cette "histoire" ne doit pas freiner le développement, a-t-il ajouté.
- "Pas d'excuse" -
"Je ne vais pas prétendre qu'il n’existe pas de différends", a déclaré de son côté M. Kast, mais ceux-ci "ne peuvent pas servir d'excuse pour rester paralysés. Nos peuples nous demandent d'avancer", a-t-il ajouté.
Le dernier président chilien à s'être rendu en Bolivie en visite officielle était Carlos Ibañez, en 1955. Il avait rencontré Victor Paz Estenssoro, grand-oncle de Rodrigo Paz.
D'autres présidents chiliens se sont rendus en Bolivie ensuite, mais uniquement à des fins protocolaires.
Les deux présidents ont signé vendredi quatre protocoles d'accord portant sur l'investissement et la recherche dans le domaine minier, la réduction des droits de douane, l'interconnexion énergétique et l'aménagement d'un corridor terrestre pour la fibre optique.
Fernando Aramayo, ministre bolivien de la Présidence, avait auparavant indiqué que son pays cherchait à aménager un oléoduc afin de permettre l'importation de grands volumes de carburant depuis le Chili, dans un contexte de pénurie et de hausse des prix dans le pays.
Il a déclaré à la presse qu'il était encore "très tôt" pour parler d'un rétablissement complet des relations et de la nomination d'ambassadeurs.
Depuis l'arrivée au pouvoir de MM. Paz et Kast, leurs pays ont rejoint le Bouclier des Amériques, une alliance de 15 gouvernements de droite dirigée par le président américain Donald Trump.
F.Cornelis--LCdB