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La majorité des établissements scolaires ont rouvert jeudi, mais des blocages de lycées et d'universités subsistent en cette nouvelle journée de mobilisation avec des manifestations prévues dans les grandes villes dès midi.
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Jeudi matin, "94% des établissements sont ouverts, soit totalement, soit partiellement", a déclaré le ministère de l'Education.
Mais les cours sont "totalement ou partiellement suspendus" dans 375 établissements scolaires sur les 3.700 établissements que compte le pays: "224 établissements connaissent une fermeture totale et 151 rouvrent partiellement", a chiffré le ministère à 08H00.
Au nord de Rennes, devant le lycée Victor et Hélène Basch, où une soixantaine d'élèves se sont rassemblés de bon matin, Hanaa, 18 ans, en terminale s'est dite "déçue et pas convaincue" par les propos du Premier ministre.
"C'est une situation urgente", partage à ses côtés Salyna, 17 ans, déplorant que des mesures ne soient pas annoncées avant "fin octobre".
Le ministre de l'Education, Edouard Geffray, qui a salué "l'espoir et les attentes" exprimés par les lycéens lors d'un déplacement jeudi matin dans un établissement à Reims, a convié les trois principales associations lycéennes au ministère à 15h, avec le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste.
Lycéens et étudiants, qui ont reçu le soutien de plusieurs syndicats de l'Education, prévoient des rassemblements dans plusieurs grandes villes. Mardi, ils étaient entre 266.000 à 450.000 à manifester dans toute la France, sans incidents majeurs.
L'Union étudiante a appelé à bloquer jeudi matin les lycées et campus, puis à rejoindre des rassemblements devant les préfectures d'Ile-de-France entre midi et 14H00 pour protester contre "les violences policières".
Mercredi, le ministre de l'Intérieur avait annoncé la suspension de l'usage des grenades assourdissantes, après qu'un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens. Selon M. Nuñez, 18 enquêtes de la "police des polices" ont été ouvertes depuis le début du mouvement. Au total, 215 élèves et 85 membres du personnel de l'Éducation ont été blessés, ainsi que près de 800 policiers et gendarmes.
- 10 milliards -
Dans le centre de Paris, devant l'université d'Assas, ils étaient quelques centaines à bloquer avec des poubelles l'entrée dans l'établissement, accompagnés d'une fanfare. "Les barricades ferment la rue mais ouvrent la voie", pouvait-on lire sur une pancarte.
Non loin de là, fait rare, l'Institut catholique de Paris (ICP) était également bloqué. Comme la veille, à l'Est de Paris, il y a eu un face à face tendu entre CRS et lycéens, a constaté l'AFP.
Parmi leurs revendications, les lycéens et étudiants demandent 250.000 places en plus à l'université, une rénovation du bâti et la suppression de la sélection par Parcoursup. Pour le ministre de l'Enseignement supérieur, demander la suppression de cette plateforme "est d'une immense démagogie".
"Si on est toujours là, c'est parce qu'on veut se battre pour les générations futures", témoigne Gabrielle en Première à Lyon. Selon la préfecture du Rhône, 27 établissements sont impactés par le mouvement qui a rassemblé, sous la pluie, entre 1.000 et 1.500 manifestants à Lyon.
Depuis mardi, le gouvernement envoie des signes d'apaisement à l'attention des jeunes.
Les élèves sont appelés à s'exprimer au sein de leurs établissements et sur une plateforme agora.gouv, qui depuis sa mise en ligne lundi soir a recueilli quelque 30.000 contributions.
Des heures "banalisées" dans les lycées, donc sans cours, pour permettre aux élèves et au personnel de faire remonter leurs difficultés, ont également été annoncées, mais le principal syndicat de proviseurs refuse de le faire, tant que "le climat n'est pas serein".