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Les électeurs se pressent à l'entrée des bureaux de vote dimanche en Serbie, où sonne l'heure de vérité pour le nationaliste Aleksandar Vucic, resté maître durant 14 ans de la politique nationale, avant de devoir convoquer des législatives anticipées face à un puissant mouvement étudiant.
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A 10H00 (09H00 GMT), le taux de participation s'est élevé à près de 20%, soit deux fois plus que lors du précédent scrutin en 2023, selon la commission électorale.
Une affluence qui "confirme" l'enracinement d'un "combat" pour que ce "pays confisqué" soit "rendu au peuple", a déclaré aux journalistes avant d'aller voter à Belgrade l’ancien joueur de basket Dejan Bodiroga, candidat de l'opposition.
De son côté, M. Vucic, 56 ans, a dit "s'attendre à une participation massive". "Si nous perdons, nous l'accepterons, si nous gagnons, nous garderons les choses en l'état", a-t-il affirmé devant son bureau de vote, également dans la capitale.
Des files d’attente se sont également formées à l’étranger, comme le montrent des images diffusées par les médias locaux.
Un taux de participation bien supérieur à la moyenne de 55 % observée lors du règne du SNS est attendu. La dernière forte mobilisation électorale, d'environ 70 %, remonte à l'éviction de Slobodan Milosevic, et reste une référence dans l'histoire politique serbe.
Présenté par les étudiants comme un "référendum anti-Vucic", ce scrutin est le premier depuis 2012 à esquisser, pour 6,4 millions d'électeurs, la possibilité d'une alternance.
Les bureaux de vote ont ouvert à 07H00 (06H00 GMT) et fermeront à 20H00 (19H00 GMT). Les premiers résultats sont attendus dans la soirée, malgré les craintes d'incidents.
Il y a quelques jours, après avoir documenté des manquements structurels, 24 ONG serbes ont estimé que les conditions pour des élections "libres et équitables" n'étaient pas réunies.
Le groupe de réflexion de droite Nouvelle pensée politique serbe (NSPM) a publié cette semaine un sondage plaçant la liste étudiante à 44,5 %, contre 42,7 % pour celle d'Aleksandar Vucic.
Mais une autre enquête, réalisée en septembre par Faktor Plus, considéré comme proche des autorités, donnait l'actuelle majorité en tête avec 48,6 % et les étudiants à 37,1 %.
- Barricadé -
Ce scrutin anticipé est l'aboutissement de près de deux années de manifestations déclenchées par l'effondrement en 2024 d'un auvent de la gare de Novi Sad, deuxième ville de ce pays des Balkans.
Seize personnes sont mortes et les protestataires ont estimé que l'accident était une conséquence de la corruption endémique.
Au plus fort de la mobilisation, parmi les plus importantes depuis la chute d'ancien dirigeant Slobodan Milosevic en 2000, des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans la capitale.
Au fur et à mesure, leurs revendications se sont transformées en appels à des élections anticipées.
Les fidèles de M. Vucic, vice-Premier ministre à partir de 2012, puis Premier ministre en 2014 et président en 2017, ont monté la garde devant le palais présidentiel, barricadé. Les protestataires ont subi des violences.
Début septembre, M. Vucic a fini par convoquer les élections, écourtant son second mandat à la tête de l'Etat afin de mener la campagne pour son camp.
La Serbie est depuis devenue le théâtre d'une expérience politique inédite, le mouvement étudiant s'étant constitué en une force politique disparate.
Sa liste unique n'a aucune tête d'affiche, mais présente une sélection de candidats issus de la société civile, dont le seul point commun est de vouloir battre le Parti progressiste serbe (SNS) d'Aleksandar Vucic.
Les étudiants, ciblés par la désinformation, sont allés à la rencontre des électeurs pour tenter d'enrayer la machine médiatique du SNS, leur dernier rassemblement à Belgrade jeudi ayant mobilisé quelque 150.000 personnes.
Leur engagement n'est qu'une "tentative de coup d'Etat" pour Aleksandar Vucic, qui a multiplié aussi les déplacements afin de mettre en garde contre un "chaos" à venir.
Si 18 formations sont officiellement en lice pour occuper les 250 sièges du parlement, la plupart des partis d'opposition ont soutenu le mouvement étudiant.