La rentrée des vacances de la Toussaint s'ouvre sous tension: des lycées étaient de nouveau bloqués lundi à l'appel des organisations étudiantes et lycéennes qui veulent poursuivre le mouvement engagé depuis six semaines, malgré les concessions annoncées par le gouvernement.
"Les lycées seront bloqués dès lundi", a assuré dimanche Pierre Sourzat, président de l'organisation Les Lycéens!
"On était ce matin sur quelques lycées perturbés, c'est a priori assez résiduel, quelques-uns en Ile-de-France, quelques-uns dans le Nord, un ou deux à Toulouse", a assuré sur France Inter le ministre de l'Education Edouard Geffray.
Dans le centre de Marseille, l’entrée du lycée Montgrand était bloquée lundi matin par plusieurs bennes à ordures empilées devant les grilles.
"On a repris le mouvement parce qu’on nous a soi-disant apporté des réponses, mais qui ne conviennent pas du tout, ce n’est clairement pas suffisant ce n’est pas ce qu’on demande", a indiqué à l’AFP Meriem, 16 ans, juchée sur les bennes.
Sur les quelque 75 établissements scolaires que compte Marseille, lundi matin environ sept sont bloqués d’après des lycéens militants.
A Toulouse, devant le lycée Berthelot, les élèves ont remonté "les installations de blocage", pour empêcher d’accéder à l’établissement, a constaté un journaliste de l’AFP.
"Ce n’est pas deux annonces du gouvernement qui seront périmées dans quelques mois qui vont arrêter le mouvement", a déclaré à l’AFP Anton, 17 ans. "On demande des choses concrètes plutôt que de la démagogie", a renchéri Camille, 17 ans.
Devant le lycée des Arènes, les lycéens commençaient à affluer pour empêcher l’accès à l’établissement.
"Je soutiens le mouvement et les revendications mais là c'est chaud, ça fait un mois qu'on n’a pas eu cours", a témoigné un élève de seconde, 14 ans.
- "Année en risque" -
"La priorité absolue... c'est que les élèves puissent aller en cours. Moi, j'ai des élèves qui passent le baccalauréat à la fin de l'année, qui pour plusieurs centaines de milliers d'entre eux n'ont pas eu cours depuis 4 ou 5 semaines (...) et pour lesquels, par conséquent, l'année scolaire est maintenant en risque", a prévenu Edouard Geffray.
Lundi dernier, il a annoncé avec le ministre l'Enseignement supérieur une série de mesures pour tenter de mettre fin au mouvement, né à la mi-septembre.
Ils ont notamment promis le remplacement progressif de Parcoursup d'ici 2028, l'annulation des suppressions de postes prévues dans l'Éducation nationale, la création de 500 postes supplémentaires, un plafonnement à 28 élèves par classe de seconde et 15.000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur.
Selon Matignon, le Premier ministre a également demandé au ministre de l'Éducation nationale, dans le prolongement de la réunion interministérielle organisée jeudi dernier avec les régions et les lycéens, de veiller à ce qu'une réponse soit apportée aux 200 lycées les plus en difficulté recensés sur la plateforme de concertation.
Un "premier pas" pour les organisations de jeunesse, mais insuffisant.
Ces annonces ont même convaincu certains de poursuivre leur engagement, explique à l'AFP Marius Mesnil co-secrétaire général de l'USL.
"Même si ce n'est pas satisfaisant, c'est quand même des vraies choses, ce sont des premières réussites, ça montre que la mobilisation fonctionne", assure le responsable lycéen, qui s'"attend à beaucoup de blocus".
"La colère continue. On ne sent pas du tout un essoufflement", renchérit Coppélia Moreau membre d'Interfac Île-de-France, qui regroupe des étudiants d'assemblées générales d'universités.
Le collectif a prévu une nouvelle manifestation parisienne mardi, entre le Panthéon et le siège du Medef.
Sur le terrain, certains élèves reconnaissent pourtant que les semaines de blocage commencent à peser.
- "Sur le qui-vive" -
Les chefs d'établissement appréhendent eux aussi la reprise: "personne ne sait à quoi s'attendre, tout le monde est un peu sur le qui-vive", confie à l'AFP Agnès Andersen secrétaire générale du syndicat de chefs d'établissement ID-FO.
"On est inquiets. La profession a terminé sur les rotules juste avant les vacances", a déclaré vendredi sur RMC Carole Zerbib, proviseure du lycée Vauquelin à Paris et membre de l'exécutif du SNPDEN-Unsa.
Dès lundi, la police va renforcer ses effectifs pour sécuriser les établissements scolaires et l'accompagnement de la communauté éducative après les violences observées lors des précédentes mobilisations, selon un message de la Direction nationale de la sécurité publique consulté par l'AFP.
"Le temps d'un retour en classe est venu", a estimé auprès de la presse dimanche l'entourage d'Emmanuel Macron, tout en reconnaissant que "ce genre de mouvement ne se termine jamais de manière absolument nette".
"C'est très simple", si le gouvernement annonce que "nos revendications seront écoutées, on retourne en cours", assure Marius Mesnil.
L'intersyndicale regroupant l'USL, l'Unef, la Fage et l'Union étudiante réclame notamment un investissement de 10 milliards d'euros dans l'éducation et l'enseignement supérieur ainsi que l'abrogation de Parcoursup.
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C.Adam--LCdB