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La vigilance orange canicule s'étend jeudi à Paris et à sa petite couronne face à un épisode de chaleur d'une précocité historique qui pousse l'exécutif à se mobiliser, le Premier ministre devant présider une réunion interministérielle pour préparer les services de l'Etat aux prochains mois d'été.
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Météo-France a porté à 17 le nombre de départements en alerte orange dans son bulletin de 06h00 jeudi, dont la capitale, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne en plus de 13 départements de l'ouest.
La vigilance orange pour canicule sera néanmoins levée à partir de jeudi soir dans trois départements de l'ouest: Manche, Finistère et Côtes-d'Armor.
Dès mercredi dans la capitale, la police patrouillait sur le canal Saint-Martin pour dissuader les baigneurs qui bravent l'interdiction d'y piquer une tête.
Quelque 31 départements - de la Charente-Maritime à la Somme ainsi que les Alpes-de-Haute-Provence et les Alpes-Maritimes - sont par ailleurs placés en vigilance jaune pour les orages jeudi, et 30 - de la Normandie aux Pyrénées - en vigilance jaune canicule, alors même que les candidats au baccalauréat professionnel planchent sur leurs examens.
- Plan ministériel -
Interrogé sur France 2 mercredi soir, le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray a réaffirmé que "pour l'instant, il n'y a pas de menace sur les examens", relevant que "la plupart des épreuves ont lieu le matin".
S'il a reconnu que les températures inhabituellement chaudes ne "sont pas des conditions optimales d'apprentissage", et dit "comprendre" que les enseignants "se plaignent", il a rappelé des mesures de "bon sens", comme "l'aération des salles, l'hydratation des élèves".
Un "plan ministériel de gestion des vagues de chaleur" doit être publié jeudi "pour que chacun sache exactement ce qu'il a à faire dans ces conditions", a par ailleurs annoncé M. Geffray.
L'épisode caniculaire précoce est causé par un "dôme de chaleur" persistant sur l'Europe de l'Ouest, qui bloque l'air chaud venu d'Afrique du Nord. Il a propulsé l'indicateur thermique national au niveau inédit de 24,9°C mardi, après un premier record à 24,6°C lundi. Mercredi, Météo-France a relevé 24,4°C.
Ce phénomène météorologique, qui a déjà provoqué plusieurs décès - directement ou indirectement - en France selon le gouvernement, est synonyme de températures supérieures de 10 à 15 degrés aux normales saisonnières.
- Pollution à l'ozone -
Cette chape de plomb s'accompagne d'une dégradation de la qualité de l'air sur l'Hexagone, qui entraîne des épisodes de pollution critique à l'ozone sur plusieurs régions, comme l'Ile-de-France et Rhône-Alpes.
La préfecture de police a d'ailleurs annoncé l'entrée en vigueur en Ile-de-France de mesures de restriction, dont la circulation différenciée, à partir de jeudi midi et jusqu'à samedi soir.
Les experts d'Atmo France soulignent le caractère exceptionnel par son étendue géographique d'une telle pollution pour un mois de mai, et aucune amélioration notable n'est attendue avant le week-end.
Face à cette situation, l'effervescence politique monte d'un cran.
Sébastien Lecornu réunira une dizaine de ministres jeudi après-midi à Matignon afin de travailler à un "plan d'endurance" pour l'été, abordant l'état des nappes phréatiques, l'accueil du public ou les risques de feux de forêts.
L'écologiste Marine Tondelier s'est dite "effarée par l'impréparation du gouvernement", dénonçant la baisse du Fonds vert et la lenteur des rénovations scolaires.
"Le gouvernement doit sortir de la gestion de crise au coup par coup et prendre des mesures structurantes, en particulier pour adapter les logements et les écoles aux fortes chaleurs", a exhorté de son côté Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau Action Climat.
En face, Matignon rétorque que la crise est gérée au quotidien et que "toutes les mesures ont été prises".
Sur le terrain, les collectivités multiplient les mesures d'exception. Des fermetures d'écoles ont été décidées jeudi et vendredi après-midi à Mont-de-Marsan, les activités de plein air ont été annulées dans la Manche, et des structures d'accueil pour les sans-abri ont ouvert à Nantes et Saint-Nazaire.
A Strasbourg, la chaleur perturbe le matériel roulant, forçant une réduction temporaire des lignes de tramway et de bus.
Partout, les habitants cherchent désespérément des îlots de fraîcheur face à un climat qui se réchauffe à un rythme accéléré, les prévisions officielles tablant sur un réchauffement moyen de 2,7°C en France d'ici 2050.