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Un incendie d'origine probablement accidentelle, toujours en cours jeudi après avoir parcouru 2.400 hectares au nord du bassin d'Arcachon (Gironde), a conduit à évacuer près de 12.000 habitants et touristes dans ce secteur de la forêt des Landes de Gascogne, quatre ans après le cauchemar de l'été 2022.
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Aucune victime, ni maison brûlée, n'est recensée à ce stade par les autorités, qui soulignent que la situation reste "défavorable" en raison de conditions climatiques "exceptionnelles".
Depuis mercredi soir, "plus de 10.000 personnes" ont été évacuées par précaution de huit campings dans cette zone très touristique, selon la préfecture. Plus d'un millier d'habitants de la zone ont aussi dû quitter leur domicile. Neuf communes ont ouvert des lieux d'accueil.
"Une voisine nous a dit: +Préparez vos sacs, on va évacuer dans la nuit+. On a mis le plus gros dans le coffre et on est partis", a raconté à l'AFP, Sylvie, 54 ans, photographe parisienne en vacances à Lège-Cap-Ferret, dont les franges forestières étaient menacées.
"Les gendarmes sont venus toquer à chacune des maisons. Le feu était à 500 mètres environ", a témoigné Patrick Martineau, 69 ans, habitant de la zone évacuée du Porge. "On a un peu peur, et du mal à réaliser, c'est surréaliste. Quand on a acheté ici, il y a six ans, on ne pensait pas au risque d'incendie."
Quelque 700 sapeurs-pompiers luttent au sol, appuyés par deux Canadair, deux Air Tractor et un Dash. Plus de 200 gendarmes participent aux secours.
- "Tenir quelques jours" -
Jeudi matin, un paysage de désolation s'étendait entre Le Porge et Lège-Cap-Ferret, des fumerolles s'échappant de la forêt calcinée aux arbres crépitants, ont constaté des journalistes de l'AFP. Des hélicoptères effectuaient des rotations au-dessus d'habitations aux volets clos, avec un va-et-vient incessant de camions sur la route.
"L'enjeu pour nous est la tête de feu, pour protéger la commune de Lège-Cap-Ferret. À l'intérieur, les pompiers interviennent dès qu'il y a des reprises", a expliqué sur les lieux le lieutenant-colonel Éric Pitault.
"Nous nous préparons à tenir quelques jours", a confié à l'AFP Martial Zaninetti, maire du Porge, où des évacués ont été relogés dans une salle communale, la population venant leur servir repas et boissons.
Selon l'élu et une riveraine interrogée par l'AFP, le feu aurait été déclenché par un engin de débroussaillage dans la commune voisine de Saumos. La piste accidentelle est privilégiée par les autorités.
"Dans la forêt, c'était particulièrement sec ces derniers jours (...) Les anciens le savaient bien, avec un tel temps, personne n'allait y travailler", avait relaté mercredi à l'AFP Bernard Roche, 75 ans, ancien maître-nageur qui habite au Porge depuis 35 ans.
La préfète de Gironde a interdit "tous travaux forestiers utilisant des moteurs thermiques" dans le département, tant qu'il sera placé en vigilance rouge pour le risque d'incendies. Ils étaient autorisés jusqu'à 13 heures jusque-là.
- Sécheresse des sols -
Selon le gouvernement, plus de 12.500 départs de feu sont intervenus depuis janvier et la surface déjà brûlée dépasse celle de 2022, quand des incendies avaient parcouru près de 30.000 hectares dans la forêt des Landes de Gascogne, forçant à l'évacuation de quelque 50.000 personnes. Plus de 3.000 hectares avaient déjà brûlé à l'époque autour de Saumos.
À ce stade, 2026 se situe au deuxième rang des surfaces brûlées à travers l'Union européenne depuis deux décennies de mesures, d'après les données satellitaires du système Effis analysées par l'AFP. Mais c'est la pire année en France.
Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols sont très secs depuis des mois, un phénomène accentué par les récentes canicules exceptionnelles. Selon une étude publiée jeudi par des climatologues du groupe World Weather Attribution, le changement climatique provoqué par les activités humaines rend la sécheresse actuelle plus sévère.
L'incendie en Gironde survient après que deux pompiers sont morts, mardi, lors d'un feu près de l'aéroport de Bordeaux, après un précédent décès en Savoie début juillet. Les syndicats de la profession dénoncent un manque de moyens et "l'épuisement" des troupes.
Le parquet de Bordeaux a annoncé un durcissement des poursuites pénales contre l'emploi du feu en milieu forestier, en ciblant particulièrement le jet de mégots.