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Les incendies en Espagne et en France restent hors de contrôle samedi et ont forcé l'évacuation de plus de 270.000 personnes près de la grande ville française de Bordeaux et autour de Madrid , où la priorité est de "sauver des vies", a insisté samedi matin le Premier ministre Pedro Sanchez.
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Le ciel de Madrid est couvert d'une brume de fumée brun-gris. Les flammes déchaînées ont ravagé jusqu'à 25.000 hectares à l'ouest de cette grande capitale européenne.
Une épaisse cendre noire recouvrait les toits-terrasses des maisons au nord du centre-ville, et une odeur de fumée irrite la gorge et oblige les habitants à garder leurs fenêtres fermées. A El Escorial, le monastère historique de la ville était enveloppé de fumée, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Les pompiers se sont battus toute la nuit contre le "pire incendie de l'histoire" dans la zone, selon les autorités régionales. Avec des engins de chantier les pompiers essayaient d'étouffer les feux de prairies.
Le pays est confronté à une situation "complexe", a déploré M. Sánchez devant la presse, car "les températures ont baissé mais nous ne savons pas exactement comment vont évoluer les vents".
Dans la région de Madrid, plus de 70.000 personnes avaient désormais été évacuées, a annoncé le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska.
Plus de 1.200 personnes âgées et personnes handicapées ont été évacuées vendredi d'établissements de soins et maisons de retraite dans la région de Madrid, a de son côté précisé le gouvernement local.
Le préfet régional, Francisco Martín Aguirre, a averti que la journée de samedi serait "difficile" en raison "des rafales erratiques", mais avec l'augmentation de "l'humidité relative" et "la baisse des températures (...) il y a désormais une réelle opportunité de s'attaquer à cet incendie avec de bonnes chances de succès".
- "Comme un volcan" -
Deux feux de forêt distincts se sont rejoints vendredi pour ne plus former qu'un immense brasier, qui était sur le point de fusionner avec un autre encore dans la région voisine de Castille-et-León.
En France aussi de spectaculaires incendies font rage, un mur noir et feu barrait le ciel du très touristique Bassin d'Arcachon vendredi soir.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé samedi le déploiement d'un avion de transport militaire, l'A400M, équipé dans sa soute d'un kit de largage. Cette opération n'était prévue initialement qu'à la fin du mois le temps de terminer sa préparation.
Dans cette région, connue dans le monde entier pour son vignoble, les feux ont entraîné à ce stade au moins 200.000 évacuations depuis mercredi soir entre les départements de la Gironde et des Landes.
Dans un des immenses hangars du parc des Expositions de la ville qui accueillaient entre 5 et 6.000 personnes évacuées, Olivier Stewart, 38 ans, qui a quitté Mérignac dans la nuit avec sa femme et leurs jeunes enfants dès qu'ils ont reçu une alerte sur leur téléphone, raconte que "c'est surtout les enfants qui sont stressés, ils pensent que le feu va brûler la maison, mais nous ça va".
Une médecin mobilisée, Marie Decroix, parle aux familles et "rappelle les signes de déshydratation".
"On est arrivés hier (vendredi) vers 19 heures. On a mis à peu près quatre heures pour arriver, parce qu'il y avait des bouchons", explique Frédéric Tavitian, retraité de 70 ans, qui accorde sa guitare assis sur son lit de camp.
"À 15 heures, on nous a dit: +il faut évacuer+. On a vu des colonnes de fumée, comme un volcan qui allait exploser. Et on est partis", confie-t-il.
- "Plus gros feu de la saison" -
Les flammes ont déjà parcouru plus de 40.000 hectares, soit quatre fois la superficie de Paris, et détruit au moins 100 bâtiments, ont indiqué les autorités à propos du "plus gros feu de la saison".
Les automobilistes ont été appelés à éviter la Gironde et à laisser les "routes libres pour les secours", alors que la journée de samedi est classée rouge (circulation très difficile) dans le sens des départs en vacances.
En France comme en Espagne, ces incendies sont la conséquence de forêts et végétations rendues plus inflammables par la sécheresse et les vagues de chaleur exceptionnelles qui se sont succédé depuis juin en Europe de l'Ouest.
Aucun décès n'a été rapporté pour le moment, en France comme en Espagne.
Ce feu de forêt brûle depuis le 16 juillet dans cette zone aride et densément peuplée de Castille-La-Manche.
Quelques heures après la France, l'Espagne a annoncé avoir activé le "Mécanisme européen de protection civile" et demandé "quatre moyens aériens de lutte contre les incendies", indiquant que la Grèce avait "accepté la demande, offrant deux avions Canadair".
L'Union européenne a déployé quatre avions en Espagne et trois en France, a indiqué la Commission européenne.
Au total, près de 130.000 hectares ont déjà brûlé depuis le 1er janvier en Espagne, selon le Système européen d'information sur les feux de forêt (EFFIS), et 98.000 en France selon Sébastien Lecornu.
En 2025, plus de 393.000 hectares avaient été dévorés par les flammes en Espagne, selon l'EFFIS, ce qui représente le pire bilan de son histoire récente.
Même le nord de l'Europe est touché : les pompiers écossais luttaient samedi contre un incendie de végétation dans le parc national de Cairngorms, déclaré "incident majeur" par les autorités qui ont demandé à la population d'évacuer.