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Au lendemain du passage d'une tornade d'une violence exceptionnelle, les habitants de Pomas (Aude), traumatisés, évaluent l'ampleur des dégâts : 300 maisons sur 500 ont été détruites, mais le bilan humain reste limité à une cinquantaine de blessés.
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"C'est un traumatisme pour les habitants", a déclaré le préfet de l'Aude Alain Bucquet mardi après-midi, durant un point presse sur place.
"J'ai une pensée très émue pour ceux qui ont perdu beaucoup, certains ont même tout perdu", a-t-il poursuivi, alors que "plus de 300 maisons" sur les quelque 500 du village ont été endommagées - dont "une centaine dont on se pose la question de savoir si elles seront habitables".
"Fort heureusement, le bilan humain est un peu plus léger que le bilan matériel", a indiqué le préfet. "On a une cinquantaine de personnes qui ont transité vers le centre de secours" installé dans la salle polyvalente de Pomas, qui compte environ 1.000 habitants, et "vingt personnes qui ont été hospitalisées à l'heure où on se parle", a-t-il détaillé.
"Aucune n'est dans un état qui inspire de l'inquiétude", a souligné M. Bucquet, les urgences absolues qui avaient été annoncées plus tôt ayant été réévaluées comme des urgences relatives au moment de l'hospitalisation des blessés.
- Risque d'effondrement -
Une tornade a traversé l'Aude lundi, frappant Pomas vers 17H20. En France, on dénombre quelques dizaines de tornades chaque année, la plupart de faible intensité, a précisé Météo-France à l'AFP.
Mardi, les toitures dévastées ont été recouvertes de bâches plastifiées de couleur bleue ou verte, maintenues par des tuiles, a constaté un journaliste de l'AFP.
Des équipes spécialisées sont à pied d'oeuvre pour déblayer les décombres et consolider les habitations.
"Il y a eu jusqu'à 120 sapeurs-pompiers sur le site parce que, évidemment, le risque, c'est de voir des bâtiments s'écrouler ou complètement s'affaisser sur ceux qui ont déjà été impactés", a expliqué le préfet. Des unités spéciales ont aussi assuré le "travail de bâchage".
Outre les services de secours de l'Aude, "11 unités extérieures au département sont présentes", venues notamment de l'Hérault et de Haute-Garonne.
L'école du village, elle, "en très grande partie détruite", ne pourra pas rouvrir pour la rentrée, prévue le 1er septembre, a poursuivi le préfet.
"On s'organise avec les élus locaux", la collectivité Carcassonne Agglo et l'Education nationale "pour que les enfants puissent être scolarisés dans les communes environnantes dans de très bonnes conditions dès le jour de l'entrée", a-t-il assuré.
Dans la matinée, au barrage installé par les gendarmes en bas du village, des proches et amis des sinistrés attendaient de pouvoir y entrer pour leur apporter des provisions ou proposer leur aide.
José Gomes, habitant de Trèbes et ami d'un sinistré, a raconté à l'AFP : "Sa maison est complètement tombée, il était dedans, il est blessé à la tête, il a trois, quatre côtes cassées, il est sorti de l'hôpital ce matin".
Des habitants ont passé la nuit de lundi à la salle polyvalente de Pomas, transformée en centre d'hébergement. D'autres ont dormi chez des proches.
Abdallah Wakkas, grand-père de deux enfants du village âgés de 13 et 17 ans, est venu les chercher pour les emmener dans le Minervois. "Les petits sont un peu traumatisés parce que la maison de leur mamie a eu sa toiture arrachée", a-t-il raconté mardi matin à l'AFP.
"Physiquement, personne n'a été touché dans la famille, c'est l'essentiel", estime M. Wakkas.
Plusieurs routes ont été interdites à la circulation et le village a connu des coupures d'électricité, mais "c'est en train de rentrer dans l'ordre", a déclaré le préfet lors du point presse.