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Quelque 1.350 hectares ont déjà été parcourus par l'incendie qui s'est déclaré samedi soir dans un massif difficile d'accès près du Mont Canigou, dans les Pyrénées-Orientales, le vent attisant les flammes également favorisées par un temps sec et chaud.
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"La bataille a été assez dure toute la nuit. Les conditions deviennent plus difficiles avec la tramontane qui monte et la forte chaleur qui s'installe. Le feu s'intensifie, il va falloir qu'on continue la lutte", a déclaré en milieu de matinée le colonel Stéphane Clerc, directeur adjoint du SDIS 66.
Le feu, qui avait un temps baissé en intensité "a repris de la vigueur sous l'effet de la Tramontane", a souligné de son côté la préfecture.
Avec l'arrivée de renforts se sont désormais environ 700 sapeurs-pompiers qui sont mobilisés sur le terrain pour lutter contre l'incendie, à environ 35 kilomètres à l'ouest de Perpignan. Certains habitants ont été préventivement évacués durant la nuit.
En compagnie de sa mère, son fils et ses trois chiens, elle a été installée dans un gymnase ouvert pour accueillir les personnes évacuées dans la nuit, où s'alignent lits de camps et matelas pneumatiques.
En fin de matinée, les quatre Canadairs, trois hélicoptères bombardiers d'eau et un Dash engagés effectuaient des rondes incessantes. Quelques fumerolles parsèment les collines brûlées de cet incendie à l’ouest du pied du Canigou avec un panache de fumée montant haut dans le ciel, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Ce brusque départ de feu est intervenu alors que le département, comme six autres (Ardèche, Aude, Drôme, Gard, Vaucluse et Hérault), est repassé en vigilance orange canicule avec des températures qui pourraient monter à certains endroits jusqu'à 40°C et ce, quelques jours après une canicule historique.
Dans les Pyrénées-Orientales, les conditions météo restent défavorables : des rafales de vent jusqu'à 50 km/h sont attendues, ainsi qu'un thermomètre pouvant atteindre 38°C, avec un "taux d'humidité très bas", note la préfecture.
- Gymnases ouverts -
Le feu "est contenu le long de la D2 entre Trévillach et Ille-sur-Têt, mais continue à se propager au sud", explique la préfecture des Pyrénées-Orientales, qui a ordonné la fermeture des routes départementales D2, D17 et D66 (entre Vinça et Ille-sur-Têt).
Les autorités demandent à la population d'éviter "impérativement le secteur afin de faciliter le travail des secours".
Une cellule de crise a été déclenchée samedi soir en préfecture.
Le préfet des Pyrénées-Orientales a demandé pendant la nuit aux maires des communes environnantes, Rodès, Ille-sur-Têt, Bouleternère et Montalba-le-Château, "de rassembler en mairie les habitants des habitations dispersées" afin de faciliter leur protection.
Des solutions d'hébergement d'urgence avaient été mises à disposition dès samedi soir à Ille-sur-Têt et Vinça et "une vingtaine de personnes ont déjà été accueillies sur la salle de repli d'Ille-sur-Têt", notent les services de l'Etat.
Un autre incendie dans les Pyrénées-Orientales avait entraîné jeudi l'évacuation de 3.000 personnes à Canet-en-Roussillon et Sainte-Marie-la-Mer, avant d'être fixé par les pompiers vendredi.
De l'autre côté de la frontière espagnole toute proche, un incendie qui s'est déclaré vendredi près de la touristique Costa Brava a brûlé plus de 2.000 hectares, mais était stabilisé dimanche.
Dans le nord du Portugal un important feu de forêt brûle depuis trois jours et a ravagé au moins 13.000 hectares de végétation.
Et ailleurs en France, plus de 300 pompiers luttent toujours contre un incendie dans une zone inhabitée de la Drôme, qui depuis trois jours a déjà parcouru 300 hectares sur un relief très escarpé et difficilement accessible.
Même si 90% des départs de feu sont d'origine humaine, selon les pompiers, leur développement est favorisé par la multiplication des vagues de chaleur et sécheresse sous l'effet du changement climatique. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez s'était ainsi dit vendredi "très inquiet" que la saison des feux ait commencé dans le pays avec "un mois d'avance".