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Quelque 800 sapeurs-pompiers continuent de lutter contre l'incendie, d'origine probablement accidentelle, qui a parcouru 4.800 hectares au nord du bassin d'Arcachon (Gironde), pour protéger les habitations et éviter une propagation du feu vers le très touristique Cap Ferret.
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Le feu a désormais parcouru 4.800 hectare et menace Lège-Cap-Ferret, une commune de 8.000 résidents permanents mais peuplée de dizaines de milliers de touristes l'été, où plusieurs maisons ont brûlé, selon la préfecture qui a ordonné l'évacuation préventive de près de 20.000 personnes.
Un pompier a été blessé lors de l'intervention par une explosion, probablement d'une bouteille de gaz, et évacué en ambulance.
La défense de Lège-Cap-Ferret, en bordure du massif forestier, se fait "îlot par îlot, maison par maison", a souligné Marc Vermeulen, directeur du Sdis en Gironde.
Le quartier de la ville le plus menacé avait été évacué préventivement dès mercredi soir et des habitants sont confinés chez eux, inquiets quant à l'évolution de l'incendie.
En fin d'après-midi, le maire de la commune, Philippe de Gonneville, évoquait une situation "préoccupante" avec un mercure au-dessus des 30 degrés et "des vents assez soutenus".
Au total, plus de 20.000 personnes ont été évacuées préventivement de ce secteur de la forêt des Landes de Gascogne, quatre ans après le cauchemar de l'été 2022.
Une cellule d'information du public a été mise en place, joignable au 09 70 80 90 40.
- "Sécheresse pire qu'en 2022" -
Parti de Saumos mercredi à la mi-journée, l'incendie a gagné Le Porge avant de s'orienter vers Lège-Cap-Ferret, progressant très rapidement dans une forêt de pins dense. Jeudi, il était "contenu" mais "très erratique" avec de nombreuses "sautes de feu", selon le contrôleur général Marc Vermeulen.
Avec 200 moyens terrestres et huit appareils aériens, dont un Dash et deux Canadair, les pompiers ont aussi lutté toute la journée sur le flanc gauche, "pour éviter une propagation en direction d'Arès". Ils ont dû également attaquer "une violente reprise" vers Saumos.
Selon le directeur du Sdis, "l'état de sécheresse du massif est pire qu'en 2022", ce qui rend les conditions de lutte "plus difficiles", que les vents annoncés pour la nuit risquent d'aggraver. Pour autant, dès que possible, les pompiers tenteront de "trouver un chemin pour aller chercher la tête de feu".
Depuis mercredi soir, environ 20.000 personnes, en majorité dans des campings, ont été évacuées de la zone menacée par les flammes et une quinzaine de centres d'accueil ont été ouverts alentour.
"Les gendarmes sont venus toquer à chacune des maisons. Le feu était à 500 mètres environ", a raconté jeudi à l'AFP Patrick Martineau, 69 ans, habitant du Porge. "On a un peu peur et du mal à réaliser ! C'est surréaliste. Quand on a acheté ici, il y a six ans, on ne pensait pas au risque d'incendie."
"Nous venons ici tous les ans, c'est terrible", confie Elke Urbain, 50 ans, une touriste belge venue d'Anvers, évacuée d'un camping de Lège-Cap-Ferret.
- Travaux forestiers interdits -
Selon plusieurs sources interrogées par l'AFP, le feu a pu être déclenché par un engin de débroussaillage qui intervenait sous une ligne électrique pour le compte d'Enedis au milieu de pinèdes à Saumos.
La piste accidentelle est privilégiée par les autorités et la préfecture a interdit "tous travaux forestiers utilisant des moteurs thermiques" dans le département jusqu'à nouvel ordre. Mercredi, ils étaient encore autorisés jusqu'à 13H00.
Selon le gouvernement, plus de 12.500 départs de feu sont intervenus depuis janvier et la surface déjà brûlée dépasse celle de 2022, quand des incendies avaient parcouru près de 30.000 hectares dans la forêt des Landes de Gascogne, forçant à l'évacuation de quelque 50.000 personnes. Plus de 3.000 hectares avaient déjà brûlé à l'époque autour de Saumos.
Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols sont très secs depuis des mois, un phénomène accentué par les récentes canicules exceptionnelles. Selon une étude publiée jeudi par des climatologues du groupe World Weather Attribution, le changement climatique provoqué par les activités humaines rend la sécheresse actuelle plus sévère.
L'incendie en Gironde survient après que deux sapeurs-pompiers sont morts, mardi, lors d'un feu près de l'aéroport de Bordeaux, après un précédent décès en Savoie début juillet. Les syndicats de la profession dénoncent un manque de moyens et "l'épuisement" des troupes.