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Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a demandé samedi aux assureurs de prolonger les délais de déclaration, de réduire les franchises et d'indemniser rapidement les professionnels victimes des émeutes.
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"Nous avons demandé aux assureurs de faire preuve de la plus grande simplicité dans le traitement des procédures" et de "réduire au maximum les franchises, a déclaré M. Le Maire devant des journalistes.
La fédération des assureurs a, a-t-il insisté, "pris des engagements formels d'étudier la possibilité de réduire les franchises" pour les commerçants et entrepreneurs concernés par des dégradations et pillages commis lors des violences qui ont éclaté dans de nombreuses villes de France après la mort du jeune Nahel, tué par un policier lors d'un contrôle routier.
Il a invité les professionnels "touchés par des actes de vandalisme" à déclarer "le plus vite possible" les sinistres à leur assurance. "Un appel suffit, ou un mail, ou un SMS!"
"Nous avons prévu d'étendre si nécessaire d'étendre les délais de déclaration", a-t-il ajouté.
Les assurés doivent théoriquement déposer plainte immédiatement auprès des autorités de police et déclarer leurs dommages à leur assureur dans les cinq jours à compter de leur connaissance du sinistre.
Bruno Le Maire a également demandé aux banques "la plus grande compréhension en termes de traitement des échéances" des professionnels concernés.
Un report de paiement de charges sociales et fiscales pour les entreprises en difficulté sera également possible.
Le ministre s'exprimait lors d'un point presse à Bercy avec la ministre déléguée chargée notamment des PME et du commerce Olivia Grégoire, après avoir reçu des représentants des commerçants, hôteliers-restaurateurs, des assureurs et des banques françaises.
- "Sortir de l'émotion" -
Au bout de quatre nuit de troubles, les chiffres sont "très élevés", a relevé le ministre: une dizaine de centre commerciaux et plus de 200 enseignes de la grande distribution attaqués et pillés - dont 15 incendiés -, 250 débits de tabac mais aussi 250 agences bancaires, beaucoup de commerces de mode et de vêtement de sport, des établissements de restauration rapide...
"Cela concerne tout le territoire", a déploré M. Le Maire, qui a exprimé le soutien du gouvernement aux entrepreneurs et salariés "sous le choc" de voir leurs lieux de travail saccagés.
"Il est encore trop tôt pour avoir une évaluation chiffrée" des dégâts, selon lui.
Des cellules de crise sont réactivées dans chaque département et "nous voulons apporter des réponses rapides et fortes", a encore dit le ministre, en relevant que "90 à 95% des commerçants sont couverts par des assurances sinistres et dégâts" et 53% par une assurance pour perte d'exploitation.
"On était déjà en train de se demander comment nos commerçants allaient pouvoir survivre. (...) Pour l'instant on est plutôt en train de compter les rideaux fermés."
Le président de l'Union des métiers de l"industrie de l’hôtellerie (Umih), Thierry Marx, a lui estimé que "tout le monde a été entendu", "maintenant, à nous aussi de sortir de l'émotion pour trouver des solutions", discuter avec les compagnies d'assurance et les banques, a-t-il dit à l'AFP.
Par ailleurs, la possibilité de prolonger d'une semaine des soldes pour les commerces affectés est à l'étude.
"Les soldes démarraient très bien, le tourisme se porte très bien. Nous avons tant de chances, tant d'atouts dans ce pays, il nous faut les préserver", a plaidé Olivia Grégoire.
Plus généralement, "il faut des réponses rapides et fortes" à la crise actuelle, ce qui passe par "le retour à l'ordre le plus tôt possible", a déclaré Bruno Le Maire.