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Une médiation ouest-africaine va essayer jeudi de trouver une solution à la tentative de coup d'Etat en cours au Niger, où le chef de l'Etat Mohamed Bazoum était toujours retenu mercredi soir par des membres de la garde présidentielle.
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Le Niger est l'un des derniers alliés des pays occidentaux dans une région du Sahel ravagée par la violence jihadiste et dont deux voisins, le Mali et le Burkina Faso, dirigés par des militaires putschistes, se sont tournés vers d'autres partenaires, dont la Russie.
"C'est avec stupeur et consternation" que la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao) "a pris connaissance de la tentative de coup d'Etat au Niger", indique un communiqué de l'organisation régionale présidée par le Nigeria.
Dans la soirée, une source proche de M. Bazoum a indiqué que M. Talon n'arrivera que jeudi à Niamey où il rejoindra une délégation nigériane "qui a déjà eu des discussions" avec les deux parties.
Mohamed Bazoum est retenu depuis mercredi matin par des membres de la garde présidentielle après l'échec de pourparlers sur des points qui restent inconnus. Une tentative de médiation de son prédécesseur, Mahamadou Issoufou, a également échoué, selon une source proche de la présidence.
Outre la Cédéao, la tentative de coup d'Etat a été fermement condamnée par l'ONU, l'Union africaine (UA), l'Algérie, l'Union européenne, les Etats-Unis, la Banque mondiale et la France, ex-puissance coloniale au Niger où elle déploie 1.500 soldats.
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a pu parler avec le président Bazoum et lui a exprimé son "soutien total" et "sa solidarité", a indiqué son porte-parole en fin de journée.
La Maison Blanche a exigé "spécifiquement que les membres de la garde présidentielle libèrent le président Bazoum et s'abstiennent de toute violence", rappelant que le Niger est "un partenaire crucial" pour les Etats-Unis.
- Tirs de sommation -
Le Département d'Etat s'est refusé à employer le terme de "coup d'Etat", arguant de la situation "mouvante" sur le terrain, et a estimé qu'il était "trop tôt" pour juger d'un éventuel impact sur l'aide américaine à ce pays.
"Au terme des pourparlers, la garde présidentielle a refusé de libérer le président, l'armée lui a lancé un ultimatum", a déclaré une source proche de la présidence sous couvert de l'anonymat, à la suite d'un "mouvement d'humeur" de membres de la garde présidentielle qui ont bloqué l'accès de la présidence à Niamey.
La garde présidentielle a dispersé en fin de journée à Niamey par des tirs de sommation des manifestants favorables au président Bazoum, a constaté un journaliste de l'AFP. Les manifestants tentaient de s'approcher de la présidence où le chef de l'Etat est retenu quand ils ont été dispersés.
La présidence nigérienne a affirmé que "des manifestations spontanées de défenseurs de la démocratie ont éclaté un peu partout dans la ville de Niamey, à l'intérieur du pays et devant les ambassades du Niger à l'extérieur".
Dans un message publié sur Twitter - rebaptisé "X" - ensuite supprimé, elle avait auparavant indiqué que "des éléments de la garde présidentielle (GP) ont engagé un mouvement d'humeur anti-républicain et tenté en vain d'obtenir le soutien des forces armées nationales et de la garde nationale".
"L'armée et la garde nationale sont prêtes à attaquer les éléments de la GP impliqués dans ce mouvement d'humeur s'ils ne reviennent pas à de meilleurs sentiments", ajoutait la présidence en affirmant que "le président de la République et sa famille se portent bien".
Des soldats dans des pick-ups équipés de mitrailleuses étaient visibles devant le siège de la télévision publique à Niamey et dans les rues y menant, sans toutefois entraver la circulation, a constaté un journaliste de l'AFP.
- Putschs avortés en 2021 et 2022 -
Le Niger, pays partenaire privilégié de la France dans le Sahel en proie à la violence jihadiste dans plusieurs parties de son territoire, est dirigé par le président démocratiquement élu Mohamed Bazoum, au pouvoir depuis avril 2021.
L'histoire de ce pays vaste, pauvre et désertique est jalonnée de coups d'Etat.
Depuis l'indépendance de cette ex-colonie française en 1960, il y en a eu quatre: le premier en avril 1974 contre le président Diori Hamani, le dernier en février 2010 qui a renversé le président Mamadou Tandja. Sans compter les tentatives de putsch, nombreuses.
En avril 2022, Ousmane Cissé, ancien ministre nigérien de l'Intérieur d'un régime de transition militaire (2010-2011), avait été écroué pour son implication présumée dans un putsch raté en 2021.
Une arrestation "également en lien avec un dernier coup d'Etat déjoué en mars 2022, alors que le président Bazoum se trouvait en Turquie", selon un officiel nigérien, mais les autorités n'avaient pas communiqué publiquement sur ce deuxième putsch manqué.
En février, M. Cissé a été relaxé faute de preuves, mais cinq des militaires présentés comme les principaux meneurs de la tentative de putsch de 2021, ont été condamnés à 20 ans de prison.